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Ethiopie - Ces populations expulsées par le plus grand barrage d'Afrique (VIDEO)

Human Rights Watch (HRW) pousse un cri d’alarme dans la vallée de l’Omo en Ethiopie.

Le gouvernement éthiopien contraint —y compris par la force— les habitants à quitter leurs terres, sans compensations ni relogement, afin de créer des plantations de canne à sucre.

La zone est classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1980, rappelle BBC Afrique, pour sa géographie particulière, son écosystème et pour la culture ancestrale des populations. Aujourd’hui, toute la vallée est mise en danger par le projet de construction d’un barrage et de champs qui l’accompagnent.

Baptisé Gibe III et situé sur la rivière Omo, il sera le barrage le plus imposant d’Afrique et le quatrième du monde. La construction de Gibe III risque de perturber le rythme et le mode de vie des ethnies qui vivent sur ces terres et les cultivent, suivant le rythme des crues du cours d’eau.

De plus, le rapport de HRW révèle que le gouvernement a l'intention de creuser des canaux d’irrigation pour les champs de canne à sucre ainsi que de construire des routes et des raffineries.

Ces infrastructures vont profondément modifier le paysage des habitants du pourtour de la vallée d’Omo. 250.000 hectares seront dévolus à la canne à sucre et 100.000 consacrés à des productions d’agriculture commerciale.

Actuellement, les canaux d’irrigation ont déjà été creusés, le terrain dégagé et la canne à sucre a commencé à être exploitée. Selon l’ONG, la vie d'au moins 200.000 Ethiopiens et 300.000 Kényans vivant le long de la frontière pourrait être bouleversée.

«Les ambitieux plans de l’Ethiopie pour la vallée d’Omo semble ignorer les droits des peuples qui vivent là», s'indigne Ben Rawlence, chercheur pour HRW.

En 2011, HRW a constaté des arrestations arbitraires et des violences perpétrées contre les opposants au projet, ajoutés à des vols de bétail selon le rapport publié le 18 juin.

Le gouvernement éthiopien réfute les accusations de spoliation. Un porte-parole a même affirmé qu’«il n’y a pas de déplacements forcés, cela se fait sur la base d’un dialogue ouvert avec la population».

D'après HRW, les affirmations des habitants, effrayés et anxieux pour l’avenir de leurs terres, prouvent le contraire.

Lu sur BBC Afrique, HRW

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