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Au Rwanda, les tribunaux coutumiers ne diront plus la loi
Au Rwanda, le gouvernement rwandais vient d’annoncer la fermeture officielle des tribunaux traditionnels, encore appelé gacaca (sur l’herbe, en kinyarwanda, une langue parlée au Rwanda et dans les pays des Grands lacs).
A l’origine, les gacaca permettaient de régler les conflits de voisinage dans les villages rwandais.
Mais lorsque les tribunaux conventionnels ont croulé sous le poids des cas ayant trait au génocide rwandais, le gouvernement s’est tourné, en 2002, vers ces tribunaux communautaires, afin qu’ils puissent juger les suspects du génocide et désengorger les prisons.
CNN rapporte qu’en dix ans, ces tribunaux traditionnels ont jugé au total près de deux millions de suspects, dont la grande majorité a été reconnue coupable, alors qu’il aurait fallu plus de 100 ans à la justice rwandaise pour les juger tous.
«Ces tribunaux ont dépassé toutes les attentes. Ils ont à la fois puni les coupables et réconcilié le peuple rwandais», a déclaré le président rwandais Paul Kagamé.
Néanmoins, la pression internationale aura eu raison de ce système.
L’organisation de lutte contre les droits de l’homme, Human Rights Watch, a constaté dans le fonctionnement des gacaca «un large éventail de violations des principes d’un procès équitable».
Les sentences prononcées par les juges des gacaca comme l’allègement des peines, les travaux d’intérêt général en lieu et place des prisons ou encore le pardon, ont vivement été critiquées par les organisations internationales.
Autres critiques des ONG:
Les «juges» des gacacas appelés «intègres» n’étaient pas formés. Ils étaient, en général, élus par la communauté.
Quant aux accusés, ils n’étaient représentés par aucun avocat.
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