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Tunisie - Le retour de la génération Bourguiba

Une nouvelle force politique va-t-elle émerger en Tunisie? C’est en tout cas le souhait de Beji Caïd Essebsi, un ancien ministre d'Habib Bourguiba (premier président tunisien), qui a lancé son mouvement L'Appel de la Tunisie, en apparaissant «pimpant et frais comme un gardon», le 16 juin, au Palais des Congrès de Tunis, comme l'explique le site d'information Webdo.

Seulement, cette annonce n’a rien de très nouveau. Beji Caïd Essebsi a successivement occupé les postes de ministre de l’Intérieur, de la défense et des Affaires étrangères (entre 1965 et 1986). Il est aussi l’artisan de la transition de l’après-révolution lorsqu’il avait occupé le poste de Premier ministre provisoire.

Aujourd’hui âgé de 85 ans, il veut clairement se poser comme un recours dans le pays. Il ambitionne de créer un mouvement centriste, libéral et fédérateur qui regrouperait toutes les sensibilités politiques.

Devant une salle comble, il a exposé ses vues sur la situation politique actuelle en Tunisie, fustigeant notamment  le parti au pouvoir Ennahda et sa gestion des récents incidents violents survenus dans le pays.

«Ils sont certes légitimes par le biais des élections mais ils doivent démontrer, dans leur gestion quotidienne des affaires de l’Etat, qu’ils sont aptes à gouverner. Leur légitimité, ils la tirent aussi de leur capacité à assurer la sécurité des personnes et des biens, et l’Etat doit opposer sa violence à celle des groupes violents», a déclaré Béji Caïd Essebsi. 

Il les a aussi accusés de s’être approprié l’esprit de la révolution qui selon lui n’appartient à aucun parti.

Ce discours, volontairement alarmiste, n’est pas passé inaperçu. Et les critiques n’ont pas tardé à arriver. Sur  le site de Kapitalis, on peut lire les mises en garde de Rafik Ben Abdessalem, l’actuel ministre des Affaires étrangères, sur ce nouveau mouvement politique et son leader.

«J’insiste sur le fait que sa vie politique et non biologique, est terminée. Et je m’adresse à M. Caied Essebsi et ses compagnons qu’il y a eu révolution et rupture totale avec le passé», a-t-il déclaré.

Car, c’est réellement la crainte que fait peser ce nouveau mouvement: Fera-t-il revenir avec une nouvelle légitimité les acteurs du parti Destour de Bourguiba et du Rassemblement constitutionnel démocratique de Ben Ali, désormais interdit et dissout? 

Pour le magazine en ligne Business News, Béji Caïd Essebsi veut surtout lutter contre les islamistes quitte à travailler avec d'ex RDcistes. 

«En tout état de cause, Béji Caïd Essebsi vise, surtout, la conquête de la majorité de Tunisiens non islamistes, car il ne faut pas perdre de vue que sur les 4 millions de votants, le 23 octobre 2011, pas moins de 2,5 millions d’électeurs se sont prononcés contre les islamistes», analyse le magazine

Quoi qu’il en soit le défi qu’attend Béji Caied Essesbi est d’organiser son mouvement avant les prochaines élections qui auront lieu en mars 2013.

Lu sur Webdo

 

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