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L'enfer des Subsahariens au Maroc

Amadou, un jeune Malien résidant dans le quartier populaire de Takadoum, à Rabat, a été tué le 14 mai de plusieurs coups de couteau suite à une altercation avec un Marocain dans une épicerie, relate le quotidien Le Soir Echos.

Le meurtre a provoqué des échauffourrées dans ce quartier réputé pour accueillir une forte communauté de migrants subsahariens, d’après Yabiladi.

«Le quartier Takadoum s’était transformé en champs de bataille», a témoigné Marcel Amiyeto, porte-parole du Conseil des migrants subsahariens au Maroc.

Selon lui, de jeunes Marocains se sont mobilisés pour protéger le meurtrier, décidés à «débarrasser leur quartier de ces intrus» que sont les Subsahariens.

«Plus tard quand la police est arrivée, les Subsahariens ont été alignés sur un mur avant qu’un bus ne soit réquisitionné pour y transporter tout le monde, blessés y compris, au commissariat. […] Ils ont été [ensuite] tous reconduits aux frontières», poursuit Marcel Amiyeto.

Selon Pierre Delagrange, le président du Collectif des communautés subsahariennes au Maroc, cité par Yabiladi, ce drame est la conséquence de la recrudescence du racisme anti-noirs que connaitrait le royaume.

Yabiladi s’interroge sur le silence qui a entouré cette affaire dans les médias locaux: «Pourtant l’Association marocaine des Droits humains (AMDH) avait publié un communiqué à ce sujet dans lequel l’organisation prenait clairement position. L’Etat est responsable de ce qui se passe parce qu’il divulgue des idées de stigmatisation à l’endroit des Subsahariens selon sa présidente, Khadija Riyad.»

Pour Le Soir Echos, il ne fait pas de doute que le racisme ambiant au Maroc est la cause des violences répétées contre la communauté africaine, rappelant que des politiques avaient même stigmatisé cette communauté l’accusant de propager la prostitution, le sida ou de menacer la sécurité intérieure du royaume.  

«Pour certains subsahariens qui vivent dans une situation irrégulière, la peur d’être reconduits aux frontières les empêche de recourir aux autorités quand ils sont victimes d’agressions», ajoute le quotidien casablancais.

Lu sur Le Soir Echos

 

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