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Zimbabwe: la police interdit les rassemblements

La police zimbabwéenne a interdit mercredi jusqu'à nouvel ordre les rassemblements publics dans la capitale, Harare, en raison d'une épidémie de choléra et de fièvre typhoïde qui a déjà fait 21 morts et des centaines de malades en une semaine.

Partie du quartier de Glen View, la maladie s'est rapidement propagée à d'autres secteurs de Harare, contraignant les autorités a décréter un état d'urgence sanitaire. 

"A la lumière de la déclaration d'état d'urgence, la police n'autorisera plus aucune réunion publique à Harare", a annoncé sa porte-parole, Charity Charamba.

"La police de la république du Zimbabwe appelle le public à respecter cet avertissement et à coopérer afin d'enrayer la propagation du choléra", a-t-elle ajouté.

Cette interdiction survient alors que le principal parti d'opposition, le Mouvement pour un changement démocratique (MDC), devait réunir samedi ses partisans pour symboliquement investir son chef, Nelson Chamisa, président "légitime" du pays.

Le président Emmerson Mnangagwa a été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle du 30 juillet mais M. Chamisa, son principal rival, conteste son succès en dénonçant des fraudes massives.

Le dernier bilan de l'épidémie publié mardi par les autorités sanitaires est passé à 21 morts et 3.067 cas confirmés.

"Nous travaillons sans relâche pour contrôler la situation", a assuré le président Mnangagwa sur Twitter. "J'exhorte tous les habitants des quartiers concernés à faire preuve de prudence pour leur hygiène et à suivre les conseils des autorités".

Le chef de l'opposition a visité mercredi un centre médical de la capitale accueillant des malades et en a appelé à l'aide internationale. "C'est plus qu'une urgence, c'est un désastre national", a déploré M. Chamisa devant la presse.

Les épidémies de choléra et de fièvre typhoïde sont fréquentes au Zimbabwe, où les systèmes de distribution et d'assainissement des eaux sont souvent déficients.

En 2008, au moins 4.000 personnes étaient mortes du choléra au Zimbabwe. L'épidémie avait éclaté en pleine crise économique, qui avait forcé de nombreux hôpitaux publics à fermer faute de médicaments et de membres du personnel, partis à l'étranger.

Amnesty International a sévèrement épinglé les autorités zimbabwéennes. "Il est effroyable qu'en 2018 des gens meurent encore de telles maladies facilement évitables", a regretté sa responsable à Harare, Jessica Pwiti. "Aucune leçon n'a été tirée de l'épidémie de 2008".

Choléra et typhoïde sont causés par une bactérie qui se transmet lors de l'ingestion d'aliments ou d'eau contaminés.

Au pouvoir depuis la chute de Robert Mugabe en novembre, M. Mnangagwa a promis de relancer l'économie en crise du Zimbabwe et d'en faire un pays à revenu intermédiaire d'ici à 2030.

rm-fj-pa/jh     

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