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RDCongo: l'opposition unie met en garde Kabila de Bruxelles

Six responsables de l'opposition congolaise, dont deux candidats à la présidentielle, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, ont appelé ensemble mercredi le régime du président Joseph Kabila à respecter la loi électorale, sous peine d'entraîner le "chaos" dans ce pays d'Afrique miné par la pauvreté et les rivalités politiques.

L'appel a été lancée de Bruxelles par ces deux candidats, dans une déclaration commune également cosignée, devant la presse, par Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi, Adolphe Muzito et Antipas Mbusa.

A l'approche de l'élection présidentielle du 23 décembre, tous réclament notamment le rejet de la machine à voter "imposée par la Céni (Commission électorale nationale indépendante) en violation de la loi électorale", ainsi que le "nettoyage du fichier électoral" de tous les électeurs non identifiés par des empreintes digitales, soit environ 10 millions de personnes, selon eux.

Les dirigeants de l'opposition exigent aussi "la participation effective des candidats exclus ou invalidés pour des raisons politiques", plaidant pour des élections "inclusives" et que la Mission de l'ONU au Congo (Monusco) puisse être associée à l'organisation logistique du scrutin.

Neuf "préalables" au total sont posés et "faute de (les) respecter, la Céni et le gouvernement seront tenus responsables du chaos et des conséquences auxquelles conduira l'organisation d'une parodie d'élection", avertit le texte distribué à la presse.

"Nous sommes en train de rappeler tout simplement au gouvernement, au pouvoir actuel et à la Céni de rester dans le cadre de ce qu'on a convenu", a ensuite déclaré Vital Kamerhe, qui fut président de l'Assemblée nationale de RDC entre 2007 et 2010.

Il a demandé le respect de l'accord de la Saint-Sylvestre (2016) "signé et accepté par tout le monde". "Faire autrement c'est une tentative de tricherie que nous dénonçons à haute voix".

Plusieurs dossiers de candidature à la présidentielle ont été rejetés, dont ceux de Jean-Pierre Bemba, l'ex-chef de guerre acquitté en juin par la Cour pénale internationale, et d'Adolphe Muzito, ancien Premier ministre, issu du Parti lumumbiste unifié (Palu).

De son côté Moïse Katumbi, ex-gouverneur du Katanga, qui vit en exil, a été empêché de rentrer dans son pays pour se porter candidat, alors qu'une coalition "Ensemble pour le changement" le soutient.

Sont recensés au total 21 dossiers de candidatures à la présidentielle. La liste définitive sera rendue publique le 19 septembre conformément au calendrier électoral publié par la Céni.

Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, élu en 2006 et réélu dans la contestation en 2011, est écarté de la course à la présidentielle après avoir accompli ses deux mandats constitutionnels. C'est son ex-ministre de l'Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadary, qui a été désigné comme "dauphin".

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