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Bénin - Une affaire Talon qui n’en finit pas

L’opération commando conduite par l’armée béninoise, sur ordre du gouvernement du président Boni Yayi, pour réquisitionner les intrants coton de l’homme d’affaires Patrice Talon fait grand bruit. Pour le président de l’Association de lutte contre la corruption, le régionalisme et l’ethnocentrisme (ALCREER):  

«C’est de la dictature pure!»

Le Matinal note que l’affaire a déjà couté son poste au commandant de la capitainerie du port, Léon Adda:  

«Selon des informations, c’est le ministre de l’Economie maritime, des Transports et des infrastructures portuaires, Valentin Djènontin, qui l’a démis. Ce dernier aurait conclu qu’il a fait preuve de légèreté dans l’exercice de ses fonctions. Il lui est reproché d’avoir laissé le navire C. Handy battant pavillon Marshall Island repartir du port de Cotonou, sans avoir eu à décharger l’intégralité de son contenu. La flotte aurait à son bord 27.000 tonnes d’intrants coton, mais n’a déchargé que 16.000 tonnes sur le quai. Informées, les autorités portuaires saisissent le gouvernement et plus particulièrement le ministre en charge de l’Economie maritime. C’est de là que l’ordre serait venu pour mobiliser les forces de défense afin de faire revenir manu militari le bateau au port. Après une résistance de l’équipage, l’armée béninoise est parvenue à l’y contraindre.»

Le député Lazare Sèhouéto estime dans les colonnes de La Nouvelle Tribune que cette décision est injustifiable et indéfendable:

«L’exécutif d’un Etat prétendument de droit, qui se croit obligé d’affabuler, de faire des amalgames, de diffuser des contre-vérités, afin de justifier ses actes, s’installe dans l’indignité.»

Le député souligne par ailleurs que, depuis 2008, le gouvernement fait usage de faux chiffres pour bluffer le peuple et «embrouiller» les bailleurs de fonds sur la production de coton au Bénin. Il ajoute aussi que le Bénin vit dans une économie virtuelle. La question des intrants coton est d’autant plus importante que la saison cotonnière en dépend. Tout comme le défi du redressement de la filière qui ne cesse de plonger d’année en année.

Lu sur Le Matinal, La Nouvelle Tribune

 

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