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Afrique du Sud - Obama, persona non grata au Cap

Quoi de plus normal pour une Afrique du Sud post-apartheid que d’honorer le premier président noir américain? Pourrait-on se demander.

Le maire de la ville du Cap, en Afrique du Sud, Patricia De Lille, a décidé de décerner la citoyenneté d’honneur au couple Michelle et Barack Obama, en mai 2012. Cette distinction n'a été jusqu'ici accordée qu'à l'ancien président sud-africain Nelson Mandela et à Desmond Tutu, premier noir à avoir occupé les fonctions d'archevêque du Cap.

Seulement, rapporte The Guardian, tout le monde n'est pas d'accord pour faire des Obama, des citoyens d'honneur de la ville.

Pour le maire du Cap, cet hommage se justifie par le fait que les Etats-Unis et l’Afrique du Sud partagent un même passé, celui d’un peuple noir opprimé pendant plusieurs siècles, qui a su s’émanciper, jusqu’à élire un noir à la présidence. 60% des élus locaux ont d'ailleurs soutenu l'initiative.

Mais, pour de nombreux groupes religieux et différents syndicats de la ville, la décision du maire patricia De Lille a provoqué une levée de bouclier.

Dans une lettre commune destinée au président  sud-africain, Jacob Zuma, ces différentes organisations ont exprimé leur vif mécontentement et leur surprise.

«C’est une aberration! Obama n’a rien fait pour la ville du Cap. Il ne représente ni la justice ni l’équité.»

Et d’ajouter:  

«Des civils pakistanais, yéménites, somaliens et afghans ont perdu leurs vies ou souffriront toute leur vie de traumatisme à cause de la politique américaine violente au Moyen-Orient.»

Ils ont même averti que si le couple présidentiel américain mettait les pieds au Cap, ils seraient accueillis par des manifestations violentes. Sur le même ton, Tony Ehrenreich, secrétaire du Congrès des syndicats sud-africains dans l’ouest du Cap, a fait part de son étonnement. Battu par De Lille lors des municipales, il lui reproche, par ce geste, d'encourager l'attitude des Etats-Unis dans la situation entre la Palestine et Israël.

De son côté, Patricia De Lille, campe sur ses positions:

«Dans ces temps cyniques, nous avons besoin d’un message universel. Les Obama symbolisent l’espoir, l’espoir que tout est possible, si l’on s’en donne les moyens.»

Lu sur The Guardian

 

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