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Pieter Hugo, le photographe d'une Afrique aux multiples facettes

A l’entrée de l’exposition de Pieter Hugo, une photographie monumentale d’un couple. La femme est vêtue d’un boubou bigarré, l’homme est déguisé en diable, peau noircie et cornes sur la tête. Tous deux ont les yeux fixés sur le spectateur, un regard lourd, qui ne vous quittera pas de toute la visite.

Le jeune photographe sud-africain de 36 ans est exposé au musée de l’Elysée à Lausanne. Le site de la Radio Télévision Suisse propose un reportage sur cette exposition. RTS fait savoir que Pieter Hugo présente, dans le cadre de cette exposition, une rétrospective de son œuvre intitulée This must be the place et qui rassemble des œuvres de onze séries réalisées depuis 2003.

A travers les deux étages du musée de l'Elysée de Lausanne, on découvre des aspects divers de l’Afrique subsaharienne. Souvent surréalistes et inquiétantes, les photos de Pieter Hugo sont pour la plupart militantes. Elles illustrent l’histoire de ceux qui vivent en marge des sociétés africaines.

Par exemple, la série Hyena & Other Men met en lumière des montreurs d’hyènes vivant dans la misère. Il a également réalisé une série de photos de morts du sida dans une morgue du Cap, il s’est penché sur le Rwanda et l’horreur du génocide mais aussi sur le cinéma nigérian avec Nollywood. 

Sa dernière série, Permanent error, se concentre sur une décharge de technologies obsolètes au Ghana. Venus d’Occident, les déchets sont brûlés afin de récupérer les métaux rares, avec des conséquences dramatiques en termes de santé publique et d’environnement.

On l’aura compris, Hugo traite des maux de l’Afrique, les petits comme les grands.

Sa marque de fabrique? Ce regard fixe, toujours, des sujets qui ne lâchent pas le visiteur. Des personnages parfois déguisés, inquiétants et qui se tiennent droit, au centre d’une lumière sombre et trouble.

L’exposition est ouverte depuis le 08 juin et le restera jusqu’au 02 septembre 2012, afin d'offrir l'image d’une Afrique aux facettes multiples et pas seulement celle des guerres ou des safaris.

Lu sur RTS

 

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