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Une étude sur le budget des campagnes électorales sème le trouble

Les campagnes électorales sur l'île pauvre de Madagascar figurent parmi les plus chères de la planète, affirme une récente enquête dont la publication a relancé le débat sur le financement des partis politiques à quelque semaines des élections générales.

Financé par l'Union européenne, l'étude réalisée par le chercheur Manuel Wally affirme que l'actuel président Hery Rajaonarimampianina aurait englouti 43 millions de dollars pour sa campagne victorieuse de 2013.

Rapportées au nombre de voix qu'il a réunies - environ 2 millions - ces dépenses font de la présidentielle, qui s'est déroulée il y a cinq ans sur la Grande île, le scrutin récent le plus onéreux au monde.

Avec 21,50 dollars dépensés pour chaque voix obtenue, l'actuel chef de l'Etat malgache devance son homologue kényan Uhuru Kenyatta (21,16 dollars), très loin devant les deux rivaux de la dernière course à la Maison blanche en 2016, Hillary Clinton (19,92 dollars) et Donald Trump (12,61 dollars).

A titre de comparaison, il en coûté 1,21 euro (soit 1,4 dollar au cours du jour) par électeur au français François Hollande pour succéder à Nicolas Sarkozy en 2012.

En conclusion de ses travaux, l'auteur de l'étude plaide pour une limitation des dépenses de campagne à Madagascar.

Ce "plafonnement doit chercher la transparence maximale du financement et l'égalité approximative des chances" des candidats, conclut-il, même si "la plupart des dépenses de campagne sont recyclées, voire redistribuées dans l'économie".

Largement passée inaperçue à sa sortie en 2016, l'étude agite depuis quelques semaines les réseaux sociaux à Madagascar, en tête du classement des pays les plus pauvres du monde.

Le représentant local de la fondation Friedrich Ebert en a opportunément diffusé des extraits sur sa page Facebook, à la veille du début de la campagne pour l'élection présidentielle des 7 novembre et 19 décembre.

Le président sortant Rajaonarimampianina y sera notamment opposé à ses deux prédécesseurs, Marc Ravalomanana, PDG d'un riche groupe agroalimentaire, et Andry Rajoelina.

Interrogé par l'AFP, le représentant de la fondation, Marcus Schneider, a déploré le "manque de transparence" des financements politiques sur la Grande île.

Sollicités par l'AFP, les entourages des principaux candidats à la présidentielle se sont refusés à évoquer leurs budgets électoraux.

"C'est une vérité que l'élection se remporte à coup d'argent et je le regrette", a reconnu auprès de l'AFP le conseiller politique des trois derniers présidents, Norbert Lala Ratsirahonana. "C'est comme ça, il faudra s'y faire", a-t-il soupiré.

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