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Sénégal: condamné en appel, le maire de Dakar ne renonce pas

Condamné jeudi en appel à la même peine de cinq ans qu'en première instance pour escroquerie sur les deniers publics, le maire de Dakar Khalifa Sall ne renonce pas à l'élection présidentielle de 2019 face au président Macky Sall, ses proches soulignant qu'il conservait encore ses chances de se présenter à ce scrutin.

Plus tard dans la journée, la Cour suprême du Sénégal doit par ailleurs se prononcer sur un recours introduit par un autre opposant de poids, Karim Wade, qui conteste une décision prise en juillet de le rayer des listes électorales, ce qui pourrait l'empêcher d'être candidat à la présidentielle comme il en a l'intention.

"Khalifa Ababacar Sall: le tribunal confirme le jugement" rendu en première instance en mars, a déclaré lors d'une audience publique le président de la cour d'appel de Dakar, Demba Kandji, en l'absence du maire de la capitale, dont des supporters étaient présents dans une salle d'audience du palais de Justice de Dakar placée sous haute sécurité.

La cour d'appel a également condamné Khalifa Sall et trois de ses sept coaccusés à verser "solidairement" la somme de 1,8 milliard de francs CFA (environ 2,75 millions d'euros) à l'Etat du Sénégal.

"Nous ne sommes pas surpris. J'ai cessé de croire depuis longtemps en cette justice. Khalifa Sall n'y croyait pas, raison pour laquelle il n'a pas comparu. La décision rendue n'est pas une décision de justice mais une décision politique", a déclaré à la presse un des avocats du maire de Dakar, Me Ciré Clédor Ly, présent à l'audience mais sans sa robe d'avocat.

Le maire de Dakar et sa défense avaient boycotté en juillet les derniers jours du procès en appel pour protester, selon eux, contre "la violation de leurs droits".

La confirmation de la peine, attendue, constitue un sérieux revers pour cet homme politique populaire de 62 ans, considéré comme l'un des rares adversaires à pouvoir menacer dans les urnes le président sortant Macky Sall, qui selon toute vraisemblance compte se représenter lors de la présidentielle de février 2019.

- "Pas privé de la présidentielle" -

Mais dès l'annonce de l'arrêt, ses proches ont souligné que la course à la présidentielle n'était pas encore perdue, un ultime recours étant possible devant la Cour suprême.

Khalifa Sall "peut toujours être candidat. Il conserve encore sa chance d'être candidat et d'être éligible. Il n'a pas encore perdu ses chances", a insisté devant la presse Me Ly.

Il a "l'intention" de saisir la Cour suprême et n'est "pas privé" de son droit à concourir "tant qu'une condamnation définitive n'a pas été prononcée", a également indiqué à l'AFP une membre de son entourage.

"Leur stratégie c'est d'éliminer des candidats à la présidentielle", dont Khalifa Sall, a de son côté indiqué un maire d'une commune de Dakar et proche de Khalifa Sall, Bamba Fall, qui était présent au tribunal. "C'est un combat politique, nous allons l'engager", a t-il assuré.

Khalifa Sall, en détention depuis mars 2017, avait été condamné en première instance pour "escroquerie portant sur des fonds publics" et "faux en écriture", pour le détournement d'environ 2,5 millions d'euros prélevés entre 2011 et 2015 sur les caisses de la Ville de Dakar.

Maire de Dakar depuis 2009, ce dissident du Parti socialiste (PS) et de la majorité présidentielle affirme que les poursuites judiciaires à son encontre visent à l'empêcher de se présenter à la présidentielle de 2019, ce que démentent les responsables de la majorité.

La Cour suprême doit quant à elle se prononcer sur le recours en cassation introduit par  Karim Wade, fils et ministre de l'ex-président Abdoulaye Wade, condamné en 2015 à six ans de prison pour "enrichissement illicite".

M. Wade avait vu sa demande d'inscription sur les listes électorales rejetée le 2 juillet, ce qui devrait lui aussi l'empêcher de se présenter. Saisi par M. Wade, le tribunal départemental de Dakar s'était déclaré "incompétent", avant la saisine de la Cour suprême.

Une centaine de prétendants ont manifesté leur intention de se présenter au scrutin présidentiel de 2019, mais aucun n'ont le même niveau de notoriété ou de popularité que Khalifa Sall et Karim Wade. 

AFP

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