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Mali - Le Qatar accusé de soutenir financièrement les rebelles du nord

Les informations qui faisaient déjà état d’un soutien financier apporté aux rebelles du nord du Mali par le Qatar sont de plus en plus persistances. Dans un article sur la situation dans cette région, Le Figaro indiquait:

«En se rapprochant du MNLA, Iyad ag Ghaly semble avant tout tenté de restaurer son image écorné sans trop déranger ses alliés, les anciens comme les nouveaux. De son côté, le MNLA ne pouvait pas non plus imposer ses vues. "Se battre était inenvisageable. Les caisses sont vides au point qu’il est impossible de nourrir les hommes, qui, en conséquence, quittent le mouvement pour celui d’Iyad plus riche", souligne une source. Les promesses de financements discrets du MNLA, notamment par le Qatar, n’ont finalement pas résisté, notamment aux changements politiques en France».

C’est Le Canard enchaîné qui, sous le titre «Notre ami du Qatar finance les islamistes du Mali» fait des révélations sur les agissements on ne peut plus embarrassants du Qatar au Sahel pour ce petit mais riche émirat du golfe.

Malijet.com, fac-similé à l’appui, cite de larges extraits de l’article du Canard enchaîné qui pointe un doigt accusateur sur le Qatar:

«…les insurgés du MNLA (indépendantistes et laïcs), les mouvements Ansar Dine, Aqmi (al Qaïda au Maghreb islamique) et Mujao (djihad en Afrique de l’Ouest) ont reçu une aide en dollars du Qatar».

«Au début de cette année, écrit encore l’hebdomadaire, plusieurs notes de la DGSE ont alerté l’Elysée sur les activités internationales, si l’on ose dire, de l’émirat du Qatar. Et, sans vraiment insister, diplomatie oblige, sur le patron de cet Etat miniscule, le cheikh Hamad ben Kalifa al-thani, que Sarko a toujours traité en ami et en allié. Les officiers de la DRM affirment eux, que la générosité du Qatar est sans pareille et qu’il ne s’est pas contenté d’aider financièrement, parfois en livrant des armes, les révolutionnaires de Tunisie, d’Egypte ou de Libye».

Toutes ces informations avaient été portées à la connaissance des Maliens par le président de l’association Ansar Dine (à ne pas confondre avec le mouvement d’Iyad ag Ghaly), Chérif Ousmane Madani Haidara, un prêcheur musulman très charismatique dans le pays et qui est hostile à la rébellion islamiste.

A propos du nom du mouvement d’Iyad ag Ghaly, Le Républicain cite le prêcheur malien qui déclare:

«Il a fait ça pour gâter le nom de notre association, parce que lui, il est wahabite. Nous on n’est pas wahabites. Pour gâter notre nom, il a appelé son association Ansar Dine! La charia, ce n’est pas pour tout le monde. Ici, au Mali, tout le monde savait que le Mali c’est laïc. Il y a des chrétiens. Comment, lui, il peut importer sa charia là…Et son islam là, pour mettre ça aux Maliens? Lui, il ne peut pas! On n’est pas d’accord pour ça. Des charias et des Iyad, on refuse totalement. Et puis on refuse même que, il appelle son association Ansar Dine. Notre but, c’est sensibiliser les gens et leur faire savoir que l’islam c’est la tolérance, c’est la paix».

Lu sur Le FigaroMalijet.comLe Républicain

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