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Maroc - Comment chasser les fonctionnaires fantômes?

Des travailleurs payés mais qui ne travaillent pas. En France, on appelle cela des emplois fictifs, au Maroc ce sont des fonctionnaires fantômes.

Et le phénomène est loin d’être anodin même s'il est compliqué de le quantifier précisément, explique le magazine économique marocain La Vie Eco.

Les chiffres oscillent entre 15.000 et 60.000, certains même se risquent à l’instar du ministre délégué en charge de la Gouvernance et des Affaires générales Najib Boulif, il y a quelques mois, à avancer des «faux» effectifs de 90.000 personnes.

Les rumeurs qui circulent à propos de ces postes vacants sont difficilement vérifiables. Mais elles sont encouragées par les jeunes diplômés qui peinent à trouver du travail dans un pays rongé par le chômage pour cette catégorie de population —30% des 15-29ans sont sans emploi—. Payer des personnes qui ne travaillent pas leur semble absurde et surtout injuste.

En 2005, le gouvernement marocain avait déjà tenté d’estimer ces chiffres et surtout d’éradiquer ce phénomène.

Une circulaire du Premier ministre avait demandé à toutes les administrations publiques d’envoyer un compte rendu détaillé des personnes qui travaillaient dans les différents services de l’Etat (collectivités locales, ministère…) pour confronter cette liste avec celle du budget de la Trésorerie Générale du Royaume qui verse les salaires.

«Un premier travail de contrôle des effectifs avait permis à l’époque de dresser une liste d’environ 7.000 fonctionnaires qui se trouvaient dans une situation administrative «floue». Un second tri ramènera toutefois cette liste à une centaine de personnes, réellement fantômes, puisqu’elles étaient complètement perdues dans la nature».

Depuis cette année-là, La Vie Eco explique que l’Etat marocain a réussi à épingler 150 fonctionnaires fantômes par an, au moins dans les administrations étatiques.

Les administrations locales, elle, ne font pas l’objet d’un tel contrôle et c’est peut-être là que les fonctionnaires fantômes sont les plus nombreux.

C’est pourquoi le ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration a décidé de prendre le taureau par les cornes avec une nouvelle approche. Cela consiste, à travers un texte législatif, de responsabiliser tous les chefs hiérarchiques directs, les plus à même à déterminer si un salarié vient pointer tous les matins, ou pas.

Lu sur La Vie Eco

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