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Ouganda - Des abeilles qui vous protègent contre les éléphants

Qui a dit que les petites bêtes n’effrayaient pas les grosses ?

Les abeilles sont utilisées dans le parc national de la Reine Elizabeth en Ouganda pour se protéger… des éléphants!

Les pachydermes dévorent les cultures des fermiers du parc et détruisent tout sur leur passage. Lutter contre un éléphant affamé n’est pas une tâche aisée rappelle le Guardian.

Intelligents, ils parviennent à franchir les fossés creusés pour les empêcher de pénétrer sur les champs. Les pétards utilisés contre eux peuvent se révéler extrêmement dangereux dans la savane sèche où l’herbe peut s’embraser à une allure effrayante. D’autant plus que ces solutions obligent les paysans à veiller la nuit et à travailler le jour.

Lucy King, chef des opérations de l’ONG «Sauver les éléphants» a remarqué que les éléphants se tenaient à distance des acacias, connus pour être un arbre favori des abeilles.

Après le piment pour éloigner les éléphants, c'est au tour des insectes de défendre les récoltes. Des barrières de ruches reliées entre elles par du fil de fer sont installées. Dès qu’un éléphant, franchit le fil, il dérange les abeilles qui attaquent.

«Nous avons installé cinq ruches en expérimentation en Janvier pour former une petite barrière à un endroit où les éléphants traversent le village et nous allons en placer cinq de plus», explique Innocent Kahwa officier de liaison pour «Volcanoes Safaris Partnership Trust» (VPST) qui aide au lancement des barrières de ruches.

Et ça marche d’après les villageois et les groupes en charge du projet.

En plus d’être une solution respectueuse de la nature, le groupe des apiculteurs de Masaka, associé sur le projet à VPST, met en avant les bienfaits des abeilles.

«(Elles) aident à polliniser les champs et augmentent les rendements», s’enthousiame George Bijampola membre du groupe.

Les ruches mises en place permettent également des ressources en plus; un élément non négligeable pour les cultivateurs et qui peut motiver les plus réticents.

 « Les fermiers seront capables de produire et de vendre le miel afin d’obtenir un revenu supplémentaire», affime Bijampola.

Le miel des abeilles gardiennes sera racheté par Malaika Honey, une entreprise solidaire, qui affirme garantir un prix décent aux apiculteurs improvisés.

Il reste encore à développer le projet afin que les remparts de ruches protègent une plus large zone. Innocent Kahwa de VPST espère que ce projet se développera et incitera d’autres organisations à mettre des ruches en place :

«La clé du succès dans ce projet est d’habiliter les cultivateurs locaux à s’occuper des ruches pour protéger leurs terres et obtenir un supplément de revenus. Si quelques personnes montrent qu’elles peuvent protéger leurs champs avec les ruches et gagner un peu plus d’argent en vendant du miel, de plus en plus de gens commenceront à le faire et cela permettra l’auto subsistance.»

A bon entendeur...à vos ruches ! 

Lu sur The Guardian

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