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Ghana - Les vieux démons des conflits interethniques se réveillent

Une dispute foncière a dégénéré en conflit ethnique le 4 juin au nord du Ghana. Les affrontements ont fait des morts dont le nombre est encore indéterminé, et obligé certains habitants à fuir leur village.

The Chronicle rapporte que: «le chef de Nankpanduri, Naaba David Kansuk a confirmé que plusieurs centaines de femmes et d’enfants ont fui la localité de Kpanyili, une banlieue de Nakpanduri et se sont réfugiés sur les collines environnant la brousse à l’issue d’un conflit ethnique entre les Konkombas et les Bimobas.

Selon le chef, des femmes et des enfants et même des jeunes se sont cachés dans la brousse, du moment que leur sécurité ne pouvait pas être garantie par le personnel de sécurité de la localité».

Les conflits sont récurrents dans cette région du nord du Ghana où les rivalités ancestrales ont la vie dure. Elle a déjà connu par le passé des batailles rangées et généralisées entre différentes communautés qui ont obligé l’armée à intervenir.

Les conflits du nord du Ghana sont souvent occasionnés par des querelles de leadership, de terre ou de simples bagarres.

Dans cette région fortement marquée par la chefferie traditionnelle, les Konkomba ont toujours été à tort ou à raison au cœur des rivalités, tantôt contre les Nanoumba tantôt contre une autre ethnie.

Selon Ghanamma.com:

«les échauffourées auraient été entraînées par une dispute foncière. Le commandant de la police régionale du nord, DCOP George Tuffuor, a confié à l’émission Super Matin de Joy FM que les assaillants se sont retirés. Il a déclaré qu’une équipe mixte de policiers et de militaires ont établi le calme dans un village à proximité de Nakpanduri où la violence était persistante».

Il y a presque un an, le chef du district de Bunkpurugu/Yunyoo dans le nord, Philip Laari, condamnait un reportage de Joy FM jugé négatif et ne comportant pas un seul iota de vérité sur le fait que Bimoba et Konkomba s’armaient pour en découdre.

Allafrica.com indiquait à ce propos que:

«le chef de district pour Bunkpurugu/Yunyoo dans la région du nord, Philip Laari a noté que les chefs et les populations de la région ont tiré d’amères leçons de leurs "conflits stériles" qui résultent de la chefferie et des disputes foncières pendant des années, et ont résolu de coexister pacifiquement les uns avec les autres».

Manifestement, la trêve n’aura pas tenu longtemps. Et il est à craindre la résurgence des vieux démons avec leur cortège de malheurs.

Lu sur The ChronicleGhanamma.comAllafrica.com

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