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Côte d'Ivoire - L'alliance Bédié-Ouattara a du plomb dans l’aile

Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ex-président Henri Konan Bédié a organisé sa réunion d’introspection le 2 juin à Abidjan. Elle n’a pas fait dans la complaisance au regard des sujets passés en revue, notamment les raisons de l’échec du parti aux dernières législatives.

Contre l’ex-président Laurent Gbagbo, le PDCI a été le principal allié du Rassemblement des républicains (RDR) du président Alassane Ouattara au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RDPH) dans la conquête du pouvoir.

Le PDCI a, entre autres, accusé le RDR de découpage partial des circonscriptions électorales dans la perspective des législatives. En effet, lors de ces législatives du 11 décembre 2011, le RDR avait obtenu la majorité absolue avec 136 députés contre 88 pour le PDCI.

Radio France Internationale (RFI) souligne que:

«L’ancien président Henri Konan Bédié estime par exemple que "le développement national (et) le programme commun de gouvernement ne peuvent être une œuvre réservée" à des personnes de "même profil ethnique, confessionnel, régional ou politique". Une allusion claire au fameux "rattrapage ethnique" évoqué par le président Ouattara dans l’hebdomadaire français L’Express en janvier 2012».

Henri Konan Bédié trouve que les nominations au sein des ministères portent la marque du parti RDR plutôt que celle de l’alliance RDPH.

Il y a longtemps que les militants du PDCI exprimaient leurs récriminations à l’égard de leur allié du RDR quant à la gestion des affaires du pays. Mais c’est la première fois que de hauts responsables du parti le font sans ambages.

A ce propos, Ivoireinfo.com cite Henri Konan Bédié qui dit:

«Le bureau politique du PDCI-RDA a livré une résolution courageusement objective et conforme aux attentes des militants: la vie du parti, le fonctionnement des structures et hautes instances du parti, la préparation des futures échéances électorales, la vie sociopolitique nationale, les "réglages" au sein du RDPH, etc. Tout est passé au tranchant de la critique des commissaires du bureau politique. "Je me réjouis de ce que les commissaires soient allés au fond du mal qui mine notre organisation et qu’ils n’aient pas observé la langue de bois"».

Les communales à venir seront donc un test quant à la solidité de l’alliance PDCI-RDR et à sa pérennité au-delà de la conquête du pouvoir par Alassane Ouattara.

Lu sur Radio France InternationaleIvoireinfo.com

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