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L'Algérie se tourne vers le soleil

«4.200 MW (MégaWatt) de production d'électricité à partir d'énergies renouvelables à l'horizon de 2020», c’est le chiffre que souhaite atteindre le gouvernement algérien d’après le journal économique La Tribune.

Le soleil devient une véritable mine d’or. La fondation Desertec, un projet européen qui veut développer l'énergie solaire, a calculé que:

«le désert reçoit en six heures l'équivalent énergétique de la consommation mondiale d'une année entière».

Après bien des hésitations, l’Algérie se lance dans la course. Il faut bien avouer que le soleil ne manque pas dans le désert algérien au contraire de l’électricité.

Dimanche 3 juin, la société algérienne de production de l’électricité (SPE), filiale du groupe public Sonelgaz a publié les listes des entreprises en concurrence pour la construction des installations qui exploiteront l’énergie solaire. Parmi les concurrents pour ce brûlant marché on compte des «groupements avec Sener Ansaldo-Energfia, Alstom Power Systems-BrightSource, Abeinsa-Abengoa Solar, MW Group engineering-Suntrough Energy et des groupes Cobra et Kraftanlagen».

Le programme algérien sera financé en partie par la Banque Mondiale. Le Maroc a bénéficié de prêts à hauteur de 297 millions de dollars pour la construction d’une centrale de production d’électricité solaire dans le cadre de Desertec.

«Nous comptons réaliser une capacité de 4.200 MW d'électricité à partir d'énergies renouvelables dont le solaire et l'éolien entre 2012 et 2022. Nous allons réaliser de petites centrales pour alimenter les habitants des régions enclavées du sud du pays, mais aussi des villes du nord du pays», présente un responsable à la direction générale de Sonelgaz cité par La Tribune.

Le groupe Sonelgaz avait déjà annoncé en avril un investissement colossal de 30 milliards de dollars (environ 24 milliards d’euros) afin de produire d’ici à 2020, 1.200 MW d’électricité supplémentaire par an. Une part importante de ce supplément proviendra des énergies renouvelables. A titre de comparaison, un réacteur nucléaire français produit entre 900 et 1.400 MW.

En 2030, 40% de l’électricité devrait être obtenue grâce aux énergies éoliennes et solaires selon le PDG de Sonelgaz, Nourredine Boutarfa.

Un investissement si important peut sembler surprenant à la lumière de l’étendue des ressources gazières et pétrolifères du pays. Mais l’Algérie semble vouloir regarder vers l’horizon et s’engager dans la course au solaire immédiatement.

«Nous croyons fermement que la croissance et le développement de notre pays ne peuvent être envisagés sans un investissement massif dans le renouvelable, notamment le solaire. L'Algérie a l'ambition de devenir un acteur majeur», affirme le dirigeant de Sonelgaz

L'Europe devrait également profiter du soleil africain puisque l'Algérie prévoit, selon le ministre de l'Energie, Youcef Yousfi, d’exporter vers le «vieux continent» 2.000 MW d'électricité issue des énergies renouvelables à l'horizon 2020, puis 10.000 MW en 2030.

Lu sur La Tribune

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