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Un soldat nigérien et un Touareg noir durant le festival de la cure Salée d'Ingal, 18 septembre 2011, REUTERS/Luc Gnago
Un soldat nigérien et un Touareg noir durant le festival de la cure Salée d'Ingal, 18 septembre 2011, REUTERS/Luc Gnago

Pour le Niger, il faut intervenir au Nord-Mali

Il n’y a aucun doute, le nombre des partisans de la méthode forte pour endiguer la crise au Nord-Mali, s’accroît.

Après le président béninois, Boni Yayi, président en exercice de l’Union africaine, qui a émis l’hypothèse d’utiliser le feu contre les rebelles touareg et les islamistes, c’est au tour du ministre des Affaires étrangères du Niger, Mohamed Bazoum, d’abattre la carte de son pays en indiquant que:

«L’option militaire est la seule qu’il y a lieu de retenir lorsqu’il s’agit de se battre contre Aqmi et tous ceux qui accepteraient d’être avec cette organisation jusqu’au bout.»

L’on se rappelle que certains pays de la sous-région avaient, dès le début de la rébellion touareg, évoqué cette possibilité. Même la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) l’avait fait avant de se raviser.

Ce n’est plus possible de négocier

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Niger a une vision pragmatique de la situation qui perdure au Nord-Mali et qui devrait être partagée par l’ensemble des pays de la bande sahélo-saharienne.

S’il ne s’agissait que du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), l’on pourrait dire que la négociation était la meilleure voie pour résoudre la crise. Mais avec Ansar Dine et compagnie qui ont une idéologie aux antipodes de celle des peuples de la sous-région, il ne faut pas se leurrer.

Ce serait perdre du temps que de vouloir les faire plier par le dialogue. Et comme on le dit, aux grands maux, les grands remèdes. Et le Niger semble avoir compris cela.

Le Niger a une méthode d’anticipation éprouvée en la matière

Pour tout dire, le pays de Hamani Diori (premier président du Niger) n’a jamais baissé la garde depuis la chute du guide libyen. Et jusque-là, son combat semble porter fruits car il a réussi à contenir les velléités de tout groupe terroriste, fût-il de l’intérieur comme de l’extérieur, à travers divers mécanismes.

Les rencontres des communautés qui ont eu lieu récemment dans plusieurs localités du Niger participent de cette vision anticipatrice. La fermeté des autorités de Niamey dans la lutte contre le terrorisme ou les groupes qui règnent en maîtres absolus au Nord-Mali, est tout à fait compréhensible.

Tout observateur bien averti sait que si une solution n’est pas vite trouvée à la crise malienne, le Niger risque fort d’en subir les contrecoups tout comme les autres Etats du front.

L’on pourrait également dire que les propos de Mohamed Bazoum visent non seulement à mettre en garde l’ancienne rébellion nigérienne et tous ceux qui seraient tentés d’agir contre les intérêts de la République du Niger mais aussi à interpeller la Cédéao à entreprendre des actions vigoureuses pour faire face aux rebelles touareg.

Il est temps d’intervenir

En tout cas, tout porte à croire que le Niger renforce le camp des interventionnistes. Le temps du dialogue semble révolu. Même les autorités de Bamako semblent l’avoir compris. Et la dernière sortie du premier ministre, Cheick Modibo Diarra, le prouve à suffisance.

On ne chasse pas un singe d’un arbre par de simples claquettes de doigts, et la Cédéao devrait en être consciente et déployer l’artillerie lourde pour envoyer ad patres ces fous de Dieu qui écument le Sahara.

Plus que jamais, il est temps d’arrêter de tergiverser et d’agir pour éviter que ces islamistes installent davantage leurs tentacules, si ce n’est déjà fait. L’Afrique a besoin de renforcer sa démocratie et cela ne saurait se faire dans un continent où règnent le désordre, la terreur, le fanatisme, bref, les idées d’une autre époque.

Dabadi Zoumbara (Le Pays)

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