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Le prêtre français défroqué qui a vendu l'église orthodoxe russe de Casablanca

L’église de la Dormition à Casablanca, érigée grâce aux efforts des émigrés russes en 1958, est menacée de démolition. C’est l’une des deux églises orthodoxes russes encore existantes au Maroc.

Le prêtre de nationalité française Nicolas Semenov, de l’Eglise orthodoxe russe, défroqué en 2001, a vendu les biens de la paroisse de la Dormition à une commerçante marocaine, comme le relate E-Marrakech.

Celle-ci envisage de démolir l’édifice pour réaliser une fructueuse opération immobilière, l’édifice religieux se trouvant dans un des prestigieux quartiers d’affaires du centre-ville.

«Le 1er février 2012, des manœuvres marocains embauchés par Semenov sont entrés dans l’église restaurée récemment grâce aux efforts des paroissiens. Ils ont brisé la précieuse iconostase, ont arraché des murs des icônes anciennes et tenté de voler les objets sacrés. Ils ont été arrêtés par le locataire de la paroisse», rapporte le site Pravoslavie.ru.

Le 16 février l’archevêque Michel de Genève et de l’Europe de l’Ouest, au diocèse duquel appartient l’Eglise de la Dormition, ainsi que le prêtre Maxime Massalitine, recteur de l’église de la Résurrection à Rabat, ont porté plainte à la police et au Procureur général du roi de Casablanca.

A la suite de cette plainte, Nicolas Sémenov a été arrêté fin février par la police marocaine à l’aéroport de Casablanca. Il lui est interdit de quitter le Maroc.

«Son passeport a été confisqué et les fonds provenant de la vente gelés» précise L’Opinion.

En droit l’église est la propriété de l’association Communauté et Eglise orthodoxe russe au Maroc. Elle avait été fondée en 1948 par un amiral français et une princesse russe immigrée au Maroc.

Dans les années 70, et en raison de l’absence de paroissiens, l’Eglise russe n’a plus nommé de recteur à Casablanca. Elle a du se résoudre à louer le territoire de la paroisse à une des rares familles russes orthodoxes vivant à Casablanca, afin de préserver le lieu de culte et d’y maintenir l’office.

Après le départ de cette famille en France au mileu des années 80, le Diocèse de l’Europe de l’Ouest a conclu un bail avec Mohamed M’jid, le représentant honoraire du Haut Commissaire de l’ONU responsable aux réfugiés au Maroc et figure de la société civile locale. Les bureaux de cette organisation internationale se trouvaient depuis dans les locaux de la paroisse.

Le prêtre Nicolas Sémenov, l’ex-recteur de l’église-monument Job le Juste Saint Martyr à Bruxelles venait y officier de temps à autres. Mais en 2001, le Tribunal spirituel du Concile des archevêques de l’Eglise Orthodoxe Russe a défroqué Sémenov, accusé d’avoir causé un schisme et d’avoir officié bien qu’interdit a divinis.

Selon l’enquête de la police marocaine, Nicolas Sémenov a utilisé une fausse carte d’identité obtenue en 2002 de l’ex-évêque Varnava de Cannes pour signer un autre bail. En 2004, il a secrètement modifié les statuts de l’association de la paroisse pour parvenir à ses fins.

L’affaire est aujourd’hui entre les mains du Procureur général de Casablanca, mais la nouvelle propriétaire des lieux compte bien démolir l’église pour y bâtir un immeuble de bureaux.

Lu sur Pravoslavie.ru, E-Marrakech, L’Opinion

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