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Egypte - Des ex-employés d'ONG dénoncent l'ingérence politique américaine

«Nous démissionnons parce que nous avons été témoins de plusieurs pratiques suspicieuses et non-professionnelles».

Ce sont les mots écrits par sept employés égyptiens de l’organisation non-gouvernementale américaine l’International Republican Institute (IRI) dans leur lettre de démission commune en octobre 2011.

Deux mois avant le raid du Conseil suprême des forces armées égyptienne (SCAF) contre les bureaux de plusieurs ONG internationales, le 29 décembre 2011, ils ont préféré quitter le navire pour dénoncer des pratiques «non-démocratiques». 

L’affaire court depuis plusieurs mois mais ces révélations relayées par Le Guardian pourraient confirmer qu’il y avait un problème dans les pratiques des ONG internationales et particulièrement américaines en Egypte post-Moubarak.

Pour le pouvoir militaire en place, qui a fermé les bureaux et arrêté les membres d’ONG, il était question d’ingérence étrangère directe dans les affaires égyptiennes, de complot.

«Des interviews et des documents obtenus par Associated Press, montrent que la grogne des travailleurs démissionnaires d'une part et les raids menés par le gouvernement égyptien d'autre part ont aidé à montrer ce que les officiels américains ne voulaient pas admettre publiquement: le gouvernement américain a dépensé des millions de dollars pour financer et former des groupes libéraux en Egypte, la colonne vertébrale du soulèvement égyptien», peut-on lire sur le Guardian.

Dans quel but? Pour éviter que les islamistes ou les militaires ne viennent au pouvoir dans le pays.

Selon les ex-employés cet «agenda politique» s’est traduit en pratique. L’IRI par exemple a refusé de travailler avec les Frères musulmans et leur Parti Justice et Liberté.

Au nom de la promotion de la démocratie, les Etats-Unis qui accorde des fonds aux ONG dépêchées sur place à travers leur programme d’aide au développement (USAID), auraient tenté de s’ingérer dans les affaires égyptiennes.

Par ailleurs, ces ONG de défense de la démocratie comme International Republican Institute (IRI) et National Democratic Institute (NDI), proches des partis politiques américains, ont reçu 32,8 millions de dollars du programme USAID.

Les responsables de l’IRI ont bien entendu nié toutes ces accusations. Pourtant, du côté américain, certain ont bien voulu sortir du silence. «Nous avons choisi notre camp», a déclaré un diplomate américain sous couvert d’anonymat.

Depuis décembre 2011, les relations entre les Etats-Unis et l’Egypte ne sont plus au beau fixe

Le procès des 46 travailleurs d'ONG dont 19 Américains, qui fait suite à l’intervention de l’armée, devrait être programmé pour la semaine du 11 mai.

Ce mardi 5 mai, une première audition devrait avoir lieu au Caire. Parmi les dix neufs employés américains accusés, et depuis rapatriés outre-Atlantique, seul un a décidé de revenir au Caire pour faire face à la Cour aux côtés de ses anciens collègues égyptiens

Lu sur Guardian

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