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Côte d'Ivoire - Ce qui attend Laurent Gbagbo à son procès à la CPI

Mise à jour du 4 novembre 2012: Les juges de La Haye ont estimé que l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo est apte à participer à la procédure à son encontre. Ils ont par la même occasion annoncé que la date de la confirmation des charges sera bientôt fixée.

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Lors d'une visite à Abidjan, qui a eu lieu dans le week-end du 1er au 2 juin 2012, le procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a dévoilé les grandes étapes du procès intenté contre l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo pour les crimes commis durant la crise postélectorale en Côte d'Ivoire.

«Le 18 juin est la date de la confirmation des charges. Le procureur qui prendra en charge cette procédure, sera le nouveau procureur, madame Fatou Bensouda de la Gambie.

Elle va prêter serment le 15 juin. Le 18, elle sera présente en salle d’audience pour présenter les charges retenues par le procureur et par le bureau du procureur contre l’ancien président Laurent Gbagbo», a indiqué le magistrat argentin lors d’une conférence de presse clôturant sa visite.

A deux semaines de la fin de son mandat, le procureur a rendu public le «document de notification des charges» qui pèsent contre Gbagbo.

«Nous avons trouvé des charges suffisantes, comme quoi l’ancien président a tué, a organisé des meurtres, des attaques généralisées pour rester au pouvoir», assure Luis Moreno-Ocampo dans des propos rapportés par le journal ivoirien Le Patriote repris le portail d'information Abidjan.net.

Ces éléments, la presse favorable à l’ancien président ivoirien les rejette comme un grossier montage de rumeurs et calomnies ainsi que l’écrit le quotidien Le Temps:

«Le procureur de la CPI n’a pas cherché loin. A la dernière minute, il a hâtivement compulsé une montagne d’articles de la presse Rhdp (Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix, coalition pro-Ouattara) qui accusait gratuitement la cible du complot "sarko-dramanien" (construit à partir du nom d'Alassane Dramane Ouattara, ndlr).»

Dans une interview accordée au Patriote, journal pro-Ouattara, le procureur de la CPI se défend contre ces accusations d’amateurisme:

«Je crois que j’ai des preuves extrêmement importantes et fortes. Malheureusement, nous ne pouvons pas en discuter avec les médias. Ces éléments, nous allons en discuter dans la salle d’audience.»

Le juriste met au défi le camp Gbagbo de pouvoir contredire ses éléments de preuve et détaille la suite de la procédure:

«Gbagbo aura la responsabilité et le droit de défier, de contre-attaquer et de prouver que ce que nous avançons n’est pas fondé.

Seule la chambre d’appel peut départager le bureau du procureur et l’ancien président, selon la décision qui sera rendue.

Le procès se déroulera sur quelques jours entre le bureau du procureur, ses juristes, ses avocats, ses substituts et l’ancien président et ses avocats. Après cela, les juges prendront un certain temps pour délibérer. Cela peut prendre du temps, un mois, deux mois. Ils vont ensuite prendre la décision.»

Lu sur Abidjan.net, Le Temps

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