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Djibouti - Petit manuel contre l'excision à l'usage des imams

Le gouvernement djiboutien et le Fonds des Nations Unies pour la population (Fnuap) viennent de publier un guide unique en son genre à l'usage des prêcheurs, imams et leaders religieux de Djibouti. Et il est destiné à lutter contre les mutilations génitales féminines (MGF), rapporte le site d'information Afriquinfos.com, dans un article du 3 juin.

Lors de la présentation du livre aux personnalités religieuses, les petits plats avaient été mis dans les grands, à l'hôtel Sheraton de Djibouti, tant la lutte contre les MGF semble une priorité pour le gouvernement, et les orateurs se sont succédés au pupitre:

«Nous sommes confiants que les oulémas, prédicateurs et autres leaders d'opinion religieux tireront profit de ce guide, en traduisant son contenu à leur public. Les MGF sont contraires aux principes de l'Islam», a notamment déclaré le Dr. Hamoud Abdi, ministre djiboutien des Affaires musulmanes, cité par Afriquinfos.

Et pour mieux toucher les prédicateurs, c'est le «très influent Cheikh Abdourahman Souleiman Bachir», qui a écrit le guide.

«Pour sa part, l'auteur du guide a rappelé que cet ouvrage a été concis pour faciliter sa lecture et d'éviter les répétitions des idées, et apporter une argumentation précise et convaincante.»

Et de citer Abdourahman Souleiman Bachir:

«Cette étude est entièrement consacrée à la mutilation génitale féminine en prenant comme cadre général la santé et le bien-être familial, étant donné que le sujet est étroitement attaché à toutes ces questions.»

En s'appuyant sur des chiffres gouvernementaux, le site d'information affirme qu'environ 98% des femmes âgées de 8 ans et plus subiraient l'excision, l'infibulation ou bien les deux à Djibouti.

Depuis 2008, les autorités ont déclaré la guerre aux MGF.

D'abord par l'adoption d'un programme de sensibilisation. Puis en 2009, par le vote d'une loi permettant aux associations oeuvrant contre les MGF, de se porter partie civile à la place des victimes. Et enfin, par la publication de ce guide, rappelle encore Afriquinfos.

D'après le gouvernement, ces actions auraient permis en 4 ans faire chuter de 5% la pratique des MGF à Djibouti. Un long chemin reste à parcourir.

Lu sur Afriquinfos.com

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