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Egypte - Foire d’empoigne à l'énoncé du verdict dans le procès de Moubarak (VIDEO)

Le président égyptien déchu Hosni Moubarak, 84 ans, a été condamné le 2 juin à la prison à vie pour la mort de manifestants durant la révolte contre son régime l'an dernier, au terme de dix mois d'un procès historique. La peine capitale avait été requise contre l'ancien chef d'Etat égyptien.

«Moubarak a refusé en pleurant de quitter l'hélicoptère qui l'a transporté du tribunal» selon un responsable des services de sécurité. «Il pleurait et ne voulait pas quitter l'hélicoptère. Des membres de la sécurité ont dû le convaincre de sortir», a assuré ce responsable cité par l’AFP.

Impassible durant l’audience et le regard caché par des lunettes noires, l’ancien Raïs avait plaidé non coupable. Sa défense a d’ores et déjà annoncé qu’il fera appel du verdict.

«Comme pendant toutes les audiences de son procès, M. Moubarak a comparu couché sur une civière en raison de son état de santé, qui a fait l'objet de nombreuses spéculations. Ses opposants l'accusent en effet de jouer la comédie pour s'attirer la compassion de la population» a commenté l’AFP .

Son ancien ministre de l'Intérieur Habib el-Adli, jugé lui aussi pour la mort de plus de près de 850 personnes lors de la révolte populaire de janvier/février 2011, a également été condamné à la prison à vie. Six anciens hauts responsables des services de sécurité ont en revanche été acquittés.

Les deux fils de M. Moubarak, Alaa et Gamal, qui comparaissaient également, n'ont pas été condamnés, les faits de corruption qui leur étaient reprochés étant prescrits, selon le président de la cour, le juge Ahmed Rifaat.

Alaa et Gamal Moubarak, vêtus de la tenue blanche des prévenus, avaient l'air grave et les yeux cernés. Les deux hommes ont eu les larmes aux yeux après la lecture des verdicts.

Un autre procès les concernant doit toutefois s'ouvrir prochainement, pour une affaire de corruption boursière.

A l'énoncé du jugement, des opposants à Hosni Moubarak ont laissé éclater leur joie, agitant des drapeaux égyptiens tandis qu’une bagarre générale a éclaté alors que les télévisions du monde entier retransmettaient ces images.

«Le peuple veut que le pouvoir judiciaire soit nettoyé», ont scandé au milieu d'une cohue des gens à l'intérieur de l'enceinte de l'école de police dans la périphérie du Caire, où se tenait le procès.

«Nul et non avenu! Nul et non avenu!», «Le peuple veut la purge de la justice!», ont crié des avocats, furieux après l'acquittement des six responsables de la sécurité et l'annonce de la prescription des charges contre Alaa et Gamal Moubarak.

Devant le tribunal où l’audience s’est tenue sous très haute sécurité, une vingtaine de membres des familles de victimes, venus d'Alexandrie, brandissaient des portraits de leurs «martyrs». A l'extérieur du bâtiment, des opposants à l'ancien Raïs criaient «Dieu est grand !». «Exécution pour le fils de chien!», «Trente ans de torture et de meurtre de la jeunesse, il faut que le déchu soit exécuté», scandaient-ils.

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