SlateAfrique

mis à jour le

Tunisie - Le gouvernement ne sait plus où donner de la tête avec les salafistes

Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali a accusé les salafistes radicaux à l’origine de récentes violences  de «transmettre des messages faux et qui font peur» sur l’islam, et estimé que «la patience des Tunisiens était à bout».

«Pourquoi tant de violence, pourquoi tant d’agressions ?», a lancé Hamadi Jebali interrogé sur la violence de groupes salafistes, lors d’un entretien diffusé par plusieurs chaînes de télévision tunisiennes et retranscrit par l’AFP.

«Est-il inscrit dans l’islam d’imposer à autrui ses idées avec la force et la violence? Vous êtes en train de transmettre des messages faux et qui font peur sur l’islam», a-t-il déclaré, assurant que le gouvernement n’allait «pas rester les bras croisés».

«Nous allons appliquer la loi. La patience des Tunisiens est à bout», a-t-il ajouté.

«Ennahda, sur la sellette, a clairement  pris ses distances avec une mouvance semeuse de chaos, par la voix de sa figure de proue gouvernementale Hamadi Jebali» estime Oumma.com. 

«Ennahda (NDLR: le parti islamiste qui domine le gouvernement) ne s’allie pas avec ceux qui traitent les gens de mécréants», a-t-il martelé.

Ces déclarations du Premier ministre interviennent alors que le ministère tunisien de l’Intérieur a annoncé le 1er juin sur sa page Facebook l’interdiction d’une manifestation contre l’extrémisme prévue le 2 juin à Tunis, affirmant n’avoir pas reçu de demande d’autorisation.

«Le ministère de l’Intérieur avertit que la manifestation du 2 juin sur l’avenue Habib-Bourguiba suite à des appels sur Facebook est illégale, et se réserve le droit de réagir», selon le texte qui ajoute que «le ministère n’a pas reçu de demande concernant cette manifestation».

Des appels à manifester le 2 juin contre l’extrémisme et la violence sont relayés sur les réseaux sociaux depuis la multiplication des incidents dans le nord-est de la Tunisie, où des salafistes radicaux ont attaqué des établissements vendant de l’alcool et des postes de police.

Rassemblés dans un collectif intitulé «2 juin: journée de la Tunisie, journée de la colère», les organisateurs – membres de la société civile ou issus de la blogosphère – ont assuré pour leur part avoir déposé la demande de manifester en temps et en heure.

Le 9 avril dernier, une manifestation interdite sur l'avenue Bourguiba, au coeur de Tunis, avait été violemment dispersée par les forces de l'ordre, suscitant l'indignation. Le ministre de l'Intérieur tunisien Ali Larayedh avait dû venir s'expliquer devant les élus de l'Assemblée constituante quelques jours plus tard.

«Ces groupes de "barbus" sont minoritaires mais ultra-présents dans le champ public et pas un jour ne passe en Tunisie sans qu’il ne soit fait état d’incidents –pas toujours vérifiés– liés aux salafistes. Les autorités sont régulièrement accusées de laxisme et Ennahda est souvent soupçonné d’entretenir des relations ambiguës avec cette mouvance», commente La Croix

Lu sur La Croix

A lire aussi

Ces salafistes qui font trembler la Tunisie

Ben Ali intéresse-t-il encore son peuple?

Pourquoi l'Algérie est vaccinée contre le printemps arabe

Tunisie: «La Révolution, ce n’est pas un truc que tu fais tous les ans»