SlateAfrique

mis à jour le

Un Libyen réclame 100.000 euros à l'Otan pour la mort de ses proches

«Un Libyen réclame 100.000 € à l’Otan à titre de compensation après la mort de cinq membres de sa famille, tués selon lui dans un raid de l’Alliance à la fin du mois d’août 2011» rapporte Ouest-France.

Ali Jefara, un habitant de Bani Walid, une localité au sud-est de Tripoli, affirme que son frère, sa sœur et trois de ses neveux et nièces ont été tués dans un raid mené dans la nuit du 29 au 30 août, a indiqué Me Ghislain Dubois, son avocat belge.

Alors que Tripoli était déjà sous le contrôle des rebelles, les avions de l’Otan avaient bombardé sa ville pensant sur les indications des rebelles que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi s’y était réfugié.

«Ce raid a fait l’objet de deux enquêtes menées par Amnesty International et par Human Rights Watch, qui ont toutes deux conclu à une bavure de la part de l’Otan, ayant frappé exclusivement des populations civiles», affirme l’avocat de Ali Jefara dans une lettre adressée à Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l’Otan, dont le siège est à Bruxelles.

Selon PressTV,Human Rights Watch a constaté que la campagne de bombardements de l'Otan en Libye avait tué 72 civils dans huit attaques et que la coalition militaire a été contrainte d'en accepter la responsabilité.

Dans un rapport de 76 pages, l’ONG a appelé l'Otan à fournir «une indemnisation rapide et appropriée» aux familles des victimes.

Le ministère de la Santé libyenne affirme pour sa part que plus de 850 civils ont été tués lors des frappes aériennes de l'Otan contre le régime de l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi.

«Je vous mets dès lors par la présente en demeure de verser à mon client une indemnisation qui ne peut être inférieure, vu le nombre de victimes innocentes, à 100.000 €», ajoute Me Dubois. Celui-ci menace de saisir la justice s’il n’est pas satisfait dans les huit jours.

L’Otan a toujours affirmé que toutes les cibles visées en Libye étaient «des cibles militaires légitimes» et a accusé le régime Kadhafi d’utiliser des infrastructures civiles pour mener des actions militaires.

Me Dubois a déjà saisi en 2011 la justice belge d’une plainte contre l’Otan de la part d’un autre Libyen, Khaled Hemidi. Il accuse l’Alliance d’avoir tué son épouse et ses trois enfants le 20 juin 2011 à l’ouest de Tripoli. Un Marocain affirmant que sa fille avait été tuée dans le même raid s’était joint à la plainte.

Dans cette affaire, qui sera examinée le 17 septembre, l’Otan «se retranche derrière son immunité» diplomatique, a confié Me Dubois.

«Mais la doctrine et la jurisprudence belges soutiennent que cette immunité peut être écartée par le juge dès lors que l’organisation internationale qui s’en prévaut ne dispose pas d’un système interne permettant à ses victimes d’agir en réparation de leur dommage», a-t-il ajouté.

Lu sur Ouest France

A lire aussi

Libye : Les milices font toujours la loi

Libye - Des noirs parqués dans une cage de zoo par des miliciens

Libye: Ces miliciens qui se croient tout permis

Une entreprise française «complice d’actes de torture» en Libye?