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Tunisie - Les salafistes sont-ils une menace pour le tourisme?

«La Tunisie ce n’est pas Kaboul!»

Le ministre tunisien du tourisme, Elyes Fakhfakh, se veut rassurant quant à la menace salafiste qui pourrait sérieusement heurter l’industrie touristique du pays cette année, rapporte Les Echos.

Lors d'une visite officielle à Paris le 30 mai pour une rencontre avec sa nouvelle homologue française, Sylvia Pinel, le ministre a préféré insister sur les «bons» chiffres du tourisme tunisien: une hausse de 52% des flux touristiques pour les seuls quatre premiers mois de l’année 2012.

Un chiffre relativement encourageant puisque pour la France, le nombre de touristes a, lui, diminué de 25% par rapport à 2010, l’année de référence avant la révolution tunisienne.

Elyes Fakhfakh explique cette diminution significative par un «calendrier électoral chargé» en France avec l’élection présidentielle mais aussi par la crise pour les touristes espagnols.

Pour d’autres pays comme l’Allemagne, la Belgique ou encore la Russie, le niveau de fréquentation a lui augmenté par rapport à 2010.

«C'est clairement une repriseEt elle s'explique par la situation sécuritaire du pays, qui s'est normalisée depuis l'été dernier», a expliqué le ministre tunisien.

Une normalisation? Pas vraiment, à en croire les récents incidents impliquant les salafistes dans le pays comme à l’aéroport de Tunis Carthage le 14 mai dernier.

Pour protester contre l’interdiction d’entrer dans le pays de deux salafistes marocains, plusieurs militants salafistes ont occupé l'aéroport pendant plusieurs heures en tenues traditionnelles et en agitant des drapeaux noirs. Pas de quoi rassurer les touristes.

«Les salafistes restent minoritaires en Tunisie», a martelé le ministre.

Depuis quelques jours, et après la multiplication des incidents avec les salafistes dans le sud du pays, le parti au pouvoir Ennhada multiplie les messages rassurants et fermes, peut-on lire sur RFI.

Mais cette nouvelle politique sécuritaire ne semble pas convaincre les Tunisiens qui qualifient le gouvernement de laxiste et qui attendent que ces déclarations se transforment en actes.

Pour le journal en ligne Webdo, la Tunisie, épinglé comme un pays à risque par certaines chancelleries notamment celle de la Suisse, est bien loin d’enregistrer une reprise sereine du tourisme.

«La reprise touristique tant espérée (l’était-elle réellement?) n’aura probablement pas lieu, du moins cette saison après les consignes et les conseils adressés par plusieurs pays occidentaux à leurs ressortissants», déplore le journal. 

Le gouvernement tunisien souhaite que 6 millions de touristes viennent visiter le pays en 2012. Il y en a eu 7 millions en 2010 et 4,8 millions en 2011.

Pour atteindre cet objectif, le gouvernement mise sur de nouveaux programmes de développement touristique notamment vers l’éco-tourisme, le sport ou encore en valorisant des régions attractives en dehors du littoral et des plages. 

Le 4 juin prochain, la Tunisie va lancer une nouvelle campagne publicitaire en France, qui justement mettra en avant l’intérêt de ces régions moins prisées, à l'interieur des terres. 

Lu sur Les Echos

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