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Pourquoi le Maroc continue de bouder l'Union africaine

«Le retour du Maroc au sein de l'UA dépend de la conjonction d'un certain nombre de conditions. Le Royaume du Maroc ne peut en aucun cas accepter d'être traité sur le même pied qu'un Etat fantoche qui n'existe pas sur la carte, non reconnu au niveau international et qui n'est pas membre de l'Organisation des Nations unies», a affirmé Saad Eddine El Otmani, ministre marocain des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse tenue en marge d'une rencontre organisée à Rabat à l'occasion de la célébration de la journée de l'Afrique.

Organisée par les ambassadeurs des pays africains et la Fondation Diplomatique, en collaboration avec le ministère marocain des Affaires étrangères et de la Coopération, cette conférence a connu la participation d'une quarantaine de pays d'Afrique, d'Amérique, d'Europe et d'Asie.

«Le groupe des ambassadeurs africains accrédités à Rabat, qui ont organisé cette rencontre, a appelé mercredi 30 mai au retour du Maroc dans "sa grande famille de l'UA" dont il est l'un des membres fondateurs», relate Au fait Maroc.

En dépit du fait qu’il figure parmi la trentaine de pays ayant fondé l'Organisation de l’unité africaine (OUA) le 25 mai 1963 à Addis-Abeba, le Maroc s’est retiré de cette organisation en 1984 pour protester contre l'admission en son sein de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), qui lui dispute la souveraineté sur le Sahara Occidental, ancienne colonie espagnole sous contrôle de Rabat depuis 1975.

Le chef de la diplomatie marocaine a cependant rappelé que l'absence du royaume au niveau de l'UA est compensée par une forte présence au niveau des pays du continent.

«Le Maroc est le deuxième pays africain investisseur dans le continent après l'Afrique du Sud», a poursuivi le ministre, précisant que les entreprises marocaines, publiques et privées, sont présentes au niveau de nombreux pays et dans plusieurs secteurs (Banques, télécommunications, transports, mines etc).

Par ailleurs, pas moins de 8.000 jeunes africains issus de 40 pays sur les 54 que compte l'Afrique, dont 6.500 bénéficient de bourses marocaines, étudient dans les universités et grandes écoles du royaume.

La décision du Maroc de retirer sa confiance à Christopher Ross, émissaire spécial de l'ONU pour le Sahara va, selon nombre d'observateurs, enliser davantage le conflit.

La récente entrée du Maroc au Conseil de sécurité en tant que membre non permanent pour une durée de deux ans a aussi été perçue comme de nature à ralentir l'avancée des négociations sous la houlette de l'ONU entre Rabat et les séparatistes du Front Polisario.

Ces négociations durent depuis des années sans résultat. Rabat propose une large autonomie du Sahara occidental avec un gouvernement et un parlement locaux, sous sa souveraineté. Le Front Polisario, quant à lui, rejette le plan marocain et réaffirme «le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination» via un référendum. 

Lu sur Au fait Maroc

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