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Le Maroc compte 30.000 petites «Cosette»

Le Maroc compte encore des milliers de mineures travaillant comme domestiques, bien que l'interdiction de ce travail des enfants soit à l'étude, selon des chiffres officiels publiés fin mai par le Haut commissariat au plan marocain (HCP).

ll s'agit de «petites bonnes de moins de 15 ans», précise le HCP.

Les «petites bonnes», des fillettes travaillant comme domestiques dans des familles aisées, seraient environ 30.000 au Maroc, selon un Collectif associatif qui milite pour l'éradication du travail à domicile des mineures.

«Crée en 2009, le collectif pour l'éradication du travail des "petites bonnes", qui rassemble 34 associations et réseaux marocains de promotion de justice et de dignité humaine, s'emploie à mobiliser l'opinion publique face à l'ampleur de ce phénomène social et à garantir une meilleur protection juridique de l'enfant de moins de 15 ans contre toutes formes d'exploitation» informe La Nouvelle Tribune.

En dépit de nombreuses pressions, nationales et internationales, le travail de domestiques de moins de 15 ans reste admis par la loi marocaine.  

Un projet de loi interdisant cette pratique —«très courante au Maroc», selon le Collectif contre le travail de ces mineures— a été élaboré par le gouvernement précédent mais il n'a toujours pas été adopté au parlement.

La loi en gestation prévoit des peines de prison ferme et de lourdes amendes contre toute personne employant des enfants de moins de 15 ans comme domestiques.

Cependant, fait remarquer La Vie Eco, «le Maroc, qui a ratifié nombre de conventions internationales relatives aux droits de l'enfant, reste toujours "réservé" sur les mesures internationales à adopter dans sa stratégie de lutte contre l'exploitation économique des enfants».

Lors d'une journée d'étude organisée à Rabat, le même collectif a souligné que ce phénomène est «dû à la pauvreté, l'analphabétisme et au manque d'infrastructures dans les zones rurales», principal fournisseur de cette catégorie d'employées.

Ces dernières sont pour la plupart «mal payés et subissent une violence physique et économique», précise encore le collectif.

«L’an passé, une petite bonne de 11 ans est décédée à Casablanca sous les coups de sa patronne insatisfaite de son travail» rappelle l’agence Ecofin.

«C'est une honte pour notre pays, une catastrophe, ces chiffres sont alarmants», a réagi Fouzia Assouli, présidente de la Fédération de la ligue démocratique des droits des femmes, interrogée par l'AFP.

«Nous n'avons pas arrêté de signaler, au sein du collectif qui regroupe un grand nombre d'associations, la gravité de ce phénomène du travail domestique des mineures depuis une dizaine d'années, afin d'obtenir une règlementation dans le cadre du code du travail», a-t-elle ajouté.

Le code du travail «interdit l'emploi des mineures mais une fois de plus se pose la question de l'application de la loi», a-t-elle déploré tout en pointant les difficultés dans la société marocaine: «la pauvreté, la scolarisation non obligatoire, l'isolement des villages et les nombreuses régions rurales».

«Tout cela relève de la responsabilité de l'État, et même si cela relève d'un problème de mentalités, il appartient à l'État de changer les mentalités et si besoin est de pénaliser», a-t-elle conclu.

Lu sur La Nouvelle Tribune, La Vie Eco, Ecofin, AFP

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