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Accord sur le partage du pouvoir au Soudan du Sud: un air de déj

Leur rivalité a entraîné un épouvantable bain de sang au Soudan du Sud, pourtant, pour la troisième fois, Salva Kiir et Riek Machar vont tenter de partager le pouvoir dans une nouvelle tentative de rétablir la paix dans le plus jeune pays du monde.

Un accord de partage du pouvoir conclu dimanche entre eux et des partis d'opposition, avec la médiation de Khartoum, a été salué dans la capitale du Soudan du Sud, Juba, et dans les camps qui abritent les personnes déplacées par cinq ans de guerre.

Pourtant, la route est encore longue et semée d'embûches, entre la signature de cet accord et un accord de paix final avec le chef des rebelles Machar, qui doit rentrer d'exil pour occuper le poste de premier vice-président dans un gouvernement d'unité nationale.

Faire travailler ensemble Machar et le président Kiir ne sera pas une mince affaire, leur coopération ayant toujours dans le passé abouti au chaos et au conflit, soulignent des observateurs.

"Ce sera un vrai combat, parce que (...) le président Kiir a fait clairement savoir qu'il ne voulait pas travailler avec Machar", a déclaré à l'AFP un diplomate basé à Juba, sous le couvert de l'anonymat. "Il a vraiment fallu lui tordre le bras pour qu'il accepte à nouveau".

- Manque de confiance -

Kiir comme Machar sont d'anciens dirigeants rebelles arrivés au pouvoir durant la guerre civile qui a opposé de 1983 à 2005 le nord et le sud du Soudan et abouti à l'indépendance du Soudan du Sud en 2011. Les deux hommes se sont combattus durant ce conflit.

Ils appartiennent aux deux principaux groupes ethniques du Sud: Kiir est dinka et Machar nuer.

Leur cohabitation au sein du premier gouvernement du Soudan du Sud indépendant a vite capoté, lorsqu'en 2013 Kiir a accusé Machar de fomenter un coup d'Etat contre lui. Le Soudan du Sud s'est alors enfoncé dans une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés.

Un accord de paix les a réunis à nouveau dans le même gouvernement en 2016, mais quelques mois seulement après le retour de Machar, les combats ont repris à Juba et il a dû fuir à pied avec ses partisans en République démocratique du Congo voisine.

"Je ne vois pas comment, avec un tel niveau de violence, vous pouvez vous faire confiance mutuellement et avoir un gouvernement qui fonctionne", souligne Ahmed Soliman, chercheur à l'institut britannique Chatham House.

Les combats qui ont suivi ont été pires qu'auparavant et infiniment plus complexes, de nouveaux groupes rebelles et de nouvelles causes de mécontentement alimentant massacres, famines et déplacements de population.

- "Une part du gâteau" -

La dernière tentative de paix a été menée sous l'égide de l'Ouganda et du Soudan qui, en pleine crise économique, a hâte de voir à nouveau couler le pétrole en provenance du Soudan du Sud dont l'économie s'est effondrée. Les deux pays ont désespérément besoin de revenus.

Le partage de la manne pétrolière est l'un des sujets de contentieux dans l'accord de paix qui prévoit un compte sous séquestre principalement contrôlé par le gouvernement.

"Le gouvernement utilisera-t-il cet argent pour ce à quoi il est destiné ou va-t-il renouer avec ses vieilles habitudes selon lesquelles un petit nombre de personnes se servent dans les coffres et se sauvent avec l'argent ?", s'interroge Brian Adeba, de l'organisation américaine Enough Project.

L'évolution du conflit a conduit beaucoup de groupes rebelles à la table des négociations. L'accord conclu dimanche prévoit cinq vice-présidents, un gouvernement de transition de 35 ministres et un Parlement de 550 membres.

"C'est très largement un gouvernement de complaisance, soyons honnêtes, il s'agit d'essayer de donner à des gens un statut, une part du gâteau. Cela n'augure rien de bon pour un gouvernement de transition", estime M. Soliman.

On ignore par ailleurs si les troupes de Machar vont accepter l'accord qu'il a signé. Et certains groupes rebelles, comme celui de l'ancien chef de l'armée Paul Malong, ne sont pas compris dans l'accord.

- Diminution des combats -

Kiir a promis que l'accord "ne va pas s'effondrer", mais s'est déjà plaint du caractère pléthorique du gouvernement et s'est demandé comment il serait financé.

Les belligérants doivent maintenant parvenir à un accord de paix final. Une fois cet accord signé, ils auront trois mois pour former un gouvernement de transition qui sera au pouvoir pour une durée de 36 mois.

Bien que de nombreuses questions restent posées concernant le cantonnement des soldats, la sécurité pour le retour de Machar, les détails de la gouvernance et de la réconciliation, les observateurs estiment que le cessez-le-feu du 27 juillet a conduit à une diminution de la violence.

"Nous avons constaté une forte diminution des combats. Il y a toujours des escarmouches mais cela n'a rien à voir avec l'ampleur (des combats) auparavant", indique le diplomate à Juba.

"Tant que les combats s'arrêtent, cela signifie que les gens ordinaires peuvent continuer à avancer dans leur vie et que nous pouvons commencer à résoudre cette crise humanitaire massive".

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