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Maroc - L'honneur perdu du Préfet de Rabat

C’est devenu presque un rituel. Chaque année, le festival de musique Mawazine de Rabat est le théatre de polémiques qui font presque oublier les prestations des stars invités à coups de millions de dollars.

Hier c’était les islamistes qui voulaient interdire cette «manifestation de débauche», aujourd’hui c’est le comportement insolent de quelques fils à papa qui fait la une des gazettes.

«Après avoir été copieusement insulté, le chef de la sûreté de Rabat, Mustafa Moufid, a été passé à tabac par deux jeunes hommes complètement ivres lors de la soirée d’ouverture du festival Mawazine à Rabat. L’incident s’est produit au pied de l’estrade officielle qui accueillait le prince héritier», relate Yabiladi

Pour sa part, le quotidien arabophone Akhbar Al Yaoum cité par le site Lakome.com croit savoir que:

«Le chef de la sûreté de Rabat a reçu plusieurs coups avant que l’on arrête les suspects. Ils ont été conduits au poste de police mais relâchés aussitôt du fait de l’intervention d’une personne haut placée».

Le préfet qui assurait personnellement la sécurité de l’événement en raison de la présence du prince héritier Moulay Hassan, n’a pas apprécié que deux jeunes hommes en état d’ébriété aient jeté des mégots de cigarette sur le tapis rouge et l’estrade où se tenait le jeune fils du roi Mohammed VI.

«Il s’est approché de deux jeunes hommes, en état d’ivresse qui faisaient du grabuge, histoire de les gronder et les rappeler à l’ordre. Néanmoins, sans coup férir, les deux jeunes hommes se sont rués vers le représentant de la loi en le rouant de coups et en l’abreuvant d’injures» relate pour sa part Demain Online.

Le site publie une photo de l’un des agresseurs présumés, un jeune homme à l’allure de playboy au volant de sa voiture de sport décapotable.

Arrêtés sur le champ et embarqués au commissariat dans l’attente d’être présentés devant le parquet pour violence caractérisée envers un membre des forces de l’ordre dans l’exercice de ses fonctions, les agresseurs présumés auraient été relâchés sans que des poursuites ne soient engagés à leur encontre.

Selon divers témoignages publiés par la presse, les auteurs de l’agression seraient membres de familles influentes appartenant au sérail royal.

Dans un communiqué officiel diffusé à la presse, la Direction générale de la sécurité nationale (DGSN) —la police nationale marocaine— a nié que le Préfet de Rabat ait été tabassé, mais reconnaît avoir interpellés deux fauteurs de troubles qui devraient passer en jugement pour ivresse sur la voie publique.

La version de la police n’a néanmoins pas convaincu l’opinion publique qui croit que les deux jeunes ont bénéficié de la protection de leurs familles.

Sur les réseaux sociaux, le parrallèle est vite fait avec les cas de Mouad Belghouat alias «Lhaqed» (L’enragé), le jeune rappeur contestataire du Mouvement du 20 Février et celui de Younès Belkhdim, dit «le poète du peuple» condamnés respectivement à un et deux ans de prison ferme.

Les deux artistes étaient inculpés pour «atteinte à l’honneur de la police».

Lu sur Yabiladi, Lakome.com, Demain Online

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