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Afrique du Sud - Le nu du président Zuma fait bouger les masses

Dans l’affaire du tableau controversé du président sud-africain Jacob Zuma, il semblerait que l’ANC ait gagné une bataille.

Répondant à l’appel de l’ANC, environ 2.000 militants et supporters du parti au pouvoir sont venus protester le 29 mai à Johannesburg en marchant vers la galerie Goodman, rapporte le Mail And Guardian.

C’est la troisième manifestation de ce genre depuis le début de l’«affaire du pénis de Zuma».

La galerie Goodman de Johannesburg, réputée mondialement, avait exposé dans le cadre d’une exposition un tableau qui représentait le président Jacob Zuma avec les parties génitales à l’air, provoquant un tollé au sein de la société sud-africaine.

L’ANC avait même décidé de porter plainte contre l’artiste Brett Murray et la galerie, arguant que l’œuvre était une atteinte à la dignité du président.

Dans la manifestation, tous les militants ne s’accordaient pas sur les raisons qui les avaient poussé à venir. Certains étaient venus pour soutenir le président Zuma et son action politique, d’autres étaient là pour l’homme et le respect de sa dignité.

«Nous disons non à l’abus de l’expression artistique» ou encore «Le président a droit à la dignité humaine», tels étaient les slogans que l’on pouvait voir sur les pancartes rapporte l’AFP.

Pire, certains n’ont pas hésité à écrire «Les blancs haïssent les noirs» ou «Les blancs sont mal élevés» symbole de la tournure qu’a pris l’histoire du portrait de Jacob Zuma. L'artiste, blanc, a été qualifié de raciste. 

Pour l’instant le procès en justice contre la galerie Goodman et l’artiste a été reporté à une date ultérieure. Mais de fait, il semblerait que l’artiste ait déjà «perdu».

Le 22 mai, l’œuvre a été vandalisée par deux individus qui se sont introduits dans la galerie.

Le 28 mai, c’est le quotidien City Press qui a décidé de retirer la photo du portrait qui trônait sur son site internet depuis le début de l’affaire. L’ANC avait aussi porté plainte contre le quotidien en appelant en même temps au boycott du journal par le biais de son secrétaire général Gwende Mantashe.

Dans une longue tribune, la rédactrice en chef du quotidien City Press, Ferial Haffajee explique sa décision.

«Nous avons décidé d’enlever la photo dans un esprit pacificateur (…) mais bien sur la décision est aussi motivée par la peur. Il serait bête de ne pas l’admettre. L’atmosphère est devenue électrique», écrit-elle.

Electrique oui, voire surchauffée. Pendant le weekend des militants de l’ANC ont été vu en train de brûler des copies de City Press.

La galerie Goodman, elle, a présenté des excuses publiques le même jour et a bien voulu retirer le portrait de son site web. Sur la devanture de la galerie, un écriteau a été installé: on peut y lire «la Galerie Goodman respecte votre droit de protester».

Un droit de protester qui a donc été enlevé à l'artiste sud-africain, dont le travail reposait surtout sur la caricature pour dénoncer les abus de pouvoirs. 

Lu sur Mail & Guardian

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