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Algérie - L'islamiste Ali Belhadj veut revenir en force en politique

L’ex numéro deux du Front Islamique du Salut algérien (FIS), Ali Belhadj, 56 ans, est de retour.

Dans un long portrait paru le 29 mai dans le quotidien français Libération, il conteste fortement la large victoire du FLN aux élections législatives du 10 mai dernier.

Le FLN avait remporté 221 sièges sur un total de 462. Un chiffre ramené à 208 après l’invalidation par le Conseil Constitutionnel algérien de certains résultats.

A propos de ce score, qui a suscité de nombreuses réactions en Algérie comme à l’étranger, Ali Belhadj se montre sceptique:

«Si la presse étrangère a paru stupéfaite des résultats du FLN, que dire, alors, de la population? Cette victoire était tellement énorme qu’elle est devenue encombrante pour eux. Un tel succès aurait dû être célébré comme une finale de la Coupe d’Afrique des nations: klaxons, défilés, discours», confie-t-il ironiquement au quotidien Libération.

Ali Belhadj était le numéro 2 du FIS, le parti islamiste qu’il avait fondé avec Abassi Madani en 1989. La formation réclamait la création d’un Etat algérien islamique.

En 1991, le parti remporte démocratiquement les élections législatives. Mais le pouvoir en place met un coup d'arrêt et est dissout le mouvement.

Commence alors une longue et sanglante lutte armée entre les islamistes et l’armée régulière qui durera jusqu’en 2000.

Lors de cette décennie que l’histoire retiendra comme «la décennie noire», on estime entre 150.000 et 200.000 le nombre de personnes qui ont été tuées ou ont disparu.

Aujourd’hui, la formation est toujours interdite même s’il était question en 2011 de réhabiliter le FIS.

Selon Ali Belhadj, la défaite cuisante des islamistes algériens à l’élection de 2012 est entièrement de leurs fautes car ils ont voulu s’intégrer au système politique en place.

L’homme que le journaliste de Libération, Jean Louis Le Touzet, décrit comme «un vieux félin captif», une image qui tranche avec la vergogne de ses discours dans les années 90, n’exclut pas de revenir à la vie politique.

D’ailleurs, comme le rapporte le site d’information Algérie360, Ali Belhadj et ses fidèles ont protesté le 25 mai contre les propos du ministre algérien de l’Intérieur, Daho Ould Kablia. Ce dernier avait indiqué aux députés, issus de 16 partis différents, qui souhaitaient un boycott de la nouvelle assemblée de démissionner ou de respecter l’Etat de droit.

Il aurait aussi accordé une interview à la chaîne arabophone «Al Arabiya», dans laquelle il réitère aussi ce désir de revenir sur le devant de la scène. 

En attendant, l’ancien leader politique a exprimé des remords quant à l’implication du FIS dans les horreurs de la guerre civile algérienne.

«Si j’avais su que le pluralisme allait être écrasé par le pouvoir et que tout cela allait déboucher sur ce conflit armé… Oui, aujourd’hui je le dis, je me serai retiré de la politique pour éviter cette guerre.»

Lu sur Libération Algérie360

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