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Maroc - La plus grande manifestation contre le gouvernement islamiste

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté le 27 mai à Casablanca, la capitale économique du Maroc, où les tensions sociales sont exacerbées par la sécheresse et par un chômage en forte hausse.

A l’appel de la Confédération démocratique du travail (CDT) et de la Fédération démocratique du travail (FDT), deux syndicats proches de l'opposition, la marche avait pour objectif de défendre «la dignité et les revendications matérielles et sociales légitimes des salariés», rappelle le portail AufaitMaroc.com

Elle a regroupé 15 à 20.000 personnes selon la police. Les organisateurs avancent, eux, le chiffre de 50.000 protestataires –soit la plus importante manifestation contre le gouvernement dirigé depuis janvier dernier par un islamiste, Abdelilah Benkirane.

Depuis, le nombre de chômeurs ne cesse d’augmenter. Avec près de 1.130.000 de personnes sans emploi, le taux de chômage a atteint 9,9% au premier trimestre de 2012, une hausse de 0,8 par rapport à 2011. Le site d'informations Yabiladi rappelle que, selon une étude relative à la situation du marché du travail au Maroc parue le 3 mai dernier, cela représente 93.000 chômeurs en plus.

Un second rapport rendu public le 14 mai dernier par la Banque mondiale a également confirmé que «près de 30% des jeunes âgés de 15 à 29 ans sont au chômage». Un tiers de ces jeunes Marocains interrogés avaient signalé aux auteurs de l’étude qu’ils souhaitaient ou envisageaient de quitter leur pays à l’avenir.

Récemment, le Premier ministre n'avait rien trouvé de mieux que de conseiller aux chômeurs de «prier Dieu pour trouver du travail», suscitant de nombreux commentaires désabusés de la part des internautes sur les réseaux sociaux.

Les manifestants, rapporte l’AFP, réclament l'augmentation des salaires et des pensions de retraite, mais aussi la réforme des régimes de retraite, l'amélioration des services de santé, la promotion du système d'éducation et la transparence de la justice.

Ils ont également réaffirmé leur opposition à la loi sur le droit de grève:

«Nous voulons aussi que la loi sur le droit de grève, qui sera prochainement adoptée, soit libérale et non répressive», a précisé pour sa part un autre membre dirigeant de l'USFP.

L'économie du pays est par ailleurs fortement touchée par la sécheresse et une baisse vertigineuse des recettes du tourisme (l'une des principales source de devises du royaume): plus de 17% en janvier 2012 selon les derniers chiffres officiels.

Des centaines de jeunes du Mouvement du 20 février, né en 2011 dans le tumulte du «printemps arabe» et appelant à des réformes profondes de la monarchie, ont également participé à cette manifestation où les islamistes étaient quasiment absents.

Lu sur Au fait, Yabiladi

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