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Mali - Des éleveurs burkinabè massacrés sont-ils victimes de la crise politique?

Le traditionnel conflit agriculteur-éleveur a encore donné lieu à un drame humain. Sauf que cette fois-ci les deux communautés ethniques qui se sont affrontées appartiennent respectivement au Mali et au Burkina Faso.

Au moins 25 Burkinabè ont été tués entre le 22 et 24 mai lors d`affrontements intercommunautaires à la frontière entre les deux pays, a confirmé le gouvernement burkinabè.

L’Observateur Paalga évoque «plus d’une trentaine de morts, des blessés graves, des habitats incendiés, des biens saccagés et de nombreux déplacés.»

«Un conflit intercommunautaire entre Peuls originaires du Burkina Faso et des Dogons maliens» survenu dans le village malien de Sari (centre), à quelques kilomètres de la frontière, «a fait 25 morts au moins côté burkinabè», a déclaré à l’AFP le ministre burkinabè de l’Administration territoriale, Jérôme Bougouma.

«Les réfugiés expliquent que leurs domiciles ont été encerclés par les Dogons après que les Peuls ont protesté pour le fait que les agriculteurs dogons ont semé» sur des couloirs réservés au passage de leurs troupeaux, indique encore à l’AFP Abdoul Ouarma, correspondant de l’Agence d`information du Burkina (AIB) à Titao, dans la région Nord-Ouest du Burkina.

L’Agence Reuters indique en effet que sous le régime de l'ex-président malien Amadou Toumani Touré (ATT), renversé le 22 mars par un putsch, un accord conclu entre le Burkina et le Mali autorisait les éleveurs peuls à emmener leur bétail paître au Mali.

«Les Dogons, qui ont toujours été opposés à l'ouverture de ces corridors, tirant profit de la crise au Mali, ont décidé de résoudre le problème en attaquant des villages peuls», a précisé Boukaré Khalil Bara, gouverneur de la région Nord du Burkina.

L’incident rural transfrontalier a-t-il des fondements politiques? Il semblerait qu’il soit lié de loin aux troubles que connaît actuellement le Mali.

«Le conflit au Mali a envenimé les récriminations contre les populations burkinabè ou d’origine burkinabè», a expliqué un responsable du gouvernorat de la région Nord du Burkina.

Lors d’affrontements récents entre les bérets verts de l’ex-junte malienne et des bérets rouges restés fidèles au président ATT, des rumeurs ont fait état de la présence de ressortissants burkinabè parmi les «loyalistes».

Cet évènement ajoute à l’afflux de populations déplacées en provenance du Mali depuis la rébellion survenue dans le nord du Mali. Depuis les affrontements, entre 800 et un millier de Peuls se sont réfugiés dans des villages proches de la commune burkinabè de Banh.

Lu sur L’Observateur Paalga, Reuters, AFP

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