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Maghreb - Le printemps arabe n'a pas chassé les violences policières

Le rapport annuel mondial de l’ONG Amnesty International n’épargne personne au Maghreb.

Le bilan de l’ensemble de l’année 2011 réalisé pays par pays de la situation des droits de l’homme n’est pas très glorieux pour les pays d'Afrique du nord, rapporte Maghreb Emergent.

Amnesty International souligne pourtant que l’année 2011 a été celle des printemps arabes.

Mais ces des milliers de personnes qui sont descendues dans les rues pour revendiquer leurs droits ont dû payer le prix de leurs affronts, celui de la répression.

Pire encore dans certains pays, même après la chute des régimes autoritaires, les forces rebelles n’ont pas réussi à se débarrasser des anciennes habitudes.

Au Maroc, en Tunisie, en Algérie et en Libye beaucoup de progrès reste à faire.

Au Maroc, ce sont les forces de sécurité qui sont pointées du doigt. Citant le rapport, le journal algérien El Watan écrit:

«Les forces de sécurité utilisent une force excessive à l'encontre des manifestants opposés à la monarchie et aux institutions de l'Etat, qui continuent à faire face à des poursuites et emprisonnements.»

L'ONG dénonce notamment les violences policières contre les manifestants du mouvement du 20 mai. En ce qui concerne la liberté d’expression, Amnesty déplore le fait que les journalistes marocains soient toujours susceptibles d’être inquiétés pour avoir critiqué la monarchie.

En Tunisie, malgré le départ de Ben Ali, les vieilles habitudes de l’ancien régime sont toujours pratiquées par les forces de sécurité. Torture et viol sont encore des méthodes de répression courante. Mais l’ONG a surtout insisté sur l’impunité des anciens dirigeants de l’ère Ben Ali.

«D’après le rapport, des familles ont tenté d’obtenir l’ouverture d’enquêtes contre des responsables présumés d’atteintes aux droits humains, mais les juges d’instruction se sont montrés généralement réticents à prendre des mesures contre des agents de l’État, ou dans l’incapacité de le faire», précise Maghreb Emergent.

En Algérie, même avec la levée de l’Etat d'urgence en vigeur depuis 1992, le gouvernement opère toujours dans une logique de restrictions en matière de liberté d’expression, de liberté religieuse ou de droit d’association. Le recours à la violence est toujours courant pour les forces de l’ordre. Pour l’ONG, la situation des femmes ne s’est pas améliorée.

C’est en Libye que l’année a été la plus dramatique à cause des affrontements entre rebelles et forces pro-Kadhafi. Tout comme en Tunisie, les rebelles ont utilisé les méthodes de l’ère Khadafi pour se faire respecter: tortures, pillages, actes de représailles violents. Pire, la chute du régime de Kadhafi a contribué à augmenter les tensions raciales et la xénophobie dans le pays.

Avec ces constats peu encourageants, il reste à espèrer que le rapport 2013 qui sera basé sur l'année 2012, un an après le printemps arabe soit plus optimiste. 

Lu sur Maghreb Emergent

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