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RDC - Le casse tête des éléphants congolais

Les autorités de la province de Katanga, au sud-est de la République Démocratique du Congo, et l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) doivent s'arracher les cheveux.Depuis le mois d'avril 2012, un troupeau d'une centaine d'éléphants, échappés du parc d'Upemba, sème le chaos dans la région. Trois personnes ont déjà été tuées et de nombreux champs, plantations et villages ont été ravagés, rapporte le site internet de Radio Okapi, le média des Nations unies en RDC.Toute la question est de savoir comment refouler les éléphants dans leur réserve, en évitant de nouveaux dégâts. L'ICCN s'est engagée à le faire, mais elle a besoin de moyens, et son plan nécessite des mesures radicales:«Nous allons maintenant demander au gouvernement provincial de nous
faire évacuer les habitants de Mbwe, qui est sur le passage obligé des
éléphants pour rentrer dans le parc
, explique le directeur provincial de l’ICCN, Félix Mbayo. Il faudra que l’Etat nous aide à
évacuer les gens qui habitent Mbwe et Kaloja.
»C'est une concession de plus que vont se voir demander les habitants de la région. Or ces derniers sont déjà furieux des dégâts humains, mais aussi matériels. En plus d'avoir causé trois décès, les éléphants, friands de maïs et de manioc, pillent les champs, lorsqu'ils ne les piétinent pas. Plusieurs villageois n'ont pas attendu et ont déjà fui leurs habitations.Il est évidemment interdit de tirer sur ces animaux protégés. Cette solution ne ferait d'ailleurs qu'empirer la situation, affirme M. Mbayo, toujours cité par Okapi.Les éléphants auraient été chassés de leur réserve par des braconniers, qui, rien que sur le mois d'avril, ont tué quatre bêtes, expliquent pour leur part plusieurs ONG comme le WWF ou encore Kanyundo.Le but de l'opération de refoulement de l'ICCN est donc de les ramener dans le parc d'Upemba. Mais une fois revenus, il faudra aussi leur apporter la protection nécessaire contre les braconniers, afin d'éviter que le troupeau ne s'échappe à nouveau. En attendant que ces animaux ne soient mis hors d'état de nuire, il existe des solutions naturelles pour lutter contre les éléphants, avait déjà rappelé l'ONU en 2010: le piment.Plusieurs tactiques peuvent être appliquées. Une première méthode
consiste à planter une ceinture de piments rouges d'environ dix mètres
de large autour des plantations. Une seconde est d'allumer des briques
de piment fabriquées avec du crottin d'éléphant et du poivre moulu, le
tout doit être placé à la lisière des champs. Allergiques à l’odeur,
les éléphants s'éloigneraient de la fumée épaisse et âcre. Ils seraient
donc maintenus à distance sans être mis en danger.En attendant mieux...

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