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Afrique du Sud - Made in Palestine plutôt que Made in Israël

«Les consommateurs sud-africains ont le droit d’avoir des informations correctes sur les produits qu’ils achètent».

C’est ainsi que le ministère du Commerce et de l’Industrie sud-africain, Rob Davies, a justifié la décision d’étiqueter correctement les produits en provenance des territoires occupés de Palestine, rapporte le site du magazine sud-africain Times Live.

Il est possible que certains produits soient à l'avenir étiquetés «Made in Palestine» à la place de l’habituel «Made In Israël».

Pour l’heure, le gouvernement a simplement publié un avis dans le journal officiel du pays pour permettre au public de s’informer. Le ministère de l’Industrie souhaite que des contrôles plus stricts soient appliqués sur les étiquettes des produits en provenance d'Israël et des Territoires palestiniens.

La nouvelle a jeté un pavé dans la mare en Israël comme l’explique le journaliste sud-africain Jeremy Gordin sur le site du journal israélien Haaretz.

«Quoi qu’il en soit, le ministère israélien des Affaires étrangères semble être en colère et à déjà pris des mesures. L’ambassadeur sud-africain en Israël, Ismail Coovadia, a été convoqué lundi 21 mai pour un remontage de bretelles. Le porte-parole du ministère Yigal Palmor a déclaré que l’intention sud-africaine était raciste».

L’autre argument avancé par les Israéliens pour critiquer la mesure s’inscrit dans un souci de cohérence générale. L’Etat hébreu a fait remarquer que cet étiquetage spécial ne s’appliquait pas aux produits fabriqués dans les autres zones de conflits comme  au nord de Chypre ou aux Malouines.

Du côté des juifs sud-africains, la réaction ne s’est pas faite attendre non plus.

Le Jewish Board of Deputies de l'Afrique du Sud, la principale association de la communauté juive dans le pays, a déploré dans un communiqué que la décision du ministère soit influencée par des lobbies anti-Israël.

D’après Haaretz, les produits concernés par le nouvel étiquetage seraient principalement des boissons, comme la marque Soda Stream, ainsi que le harwa (confiseries orientales) et les cornichons.

«Nous reconnaissons les frontières d’Israël de 1967. Il y a une distinction à faire entre les produits à l’intérieur des frontières et ceux des territoires à l’extérieur, notamment en Cisjordanie», a déclaré le ministre sud-africain Rob Davies.

Pour l’instant aucune décision finale n’est arrêtée. Pendant les deux mois de la consultation publique, il est possible que des citoyens fassent objection.

Si la loi passe, il reste à savoir si les Sud-africains boycotteront les produits «Made in Palestine».

Lu sur Times Live

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