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Israël - Les Africains subsahariens ne sont pas des violeurs

Les noirs ne sont pas des violeurs. Tel est le message que veulent faire passer des demandeurs d'asile Africains subsahariens en Israël. Ces derniers sont pointés du doigt par l'opinion publique israélienne à la suite d'un cas de viol très médiatisé, ayant impliqué quatre demandeurs d'asile érythréens en Israël.

Pour contrer une stigmatisation des noirs, un centre d'aide aux travailleurs étrangers a aidé des Africains à rédiger des «lettres ouvertes au peuple israélien», rapporte le quotidien israélien Haaretz le 20 mai.

Ils y racontent leurs histoires, dans leurs propres mots. Ainsi, Koneeh Vayabatee, demandeur d'asile de 35 ans, explique:

«Je connais personnellement le viol. J'en ai fait l'expérience, puisque des femmes dans ma famille en ont été victimes lors des années de massacres au Liberia. Je suis trop timide pour écrire ou parler aux médias, mais ma conscience me dit qu'il est temps que je prenne la parole.»

Le viol d'une Israélienne de 19 ans, mardi 15 mai, avait suscité l'émotion, et quatre suspects érythréens avaient été arrêtés le lendemain dans cette affaire.

Cette série de lettres a pour but de «désamorcer les tensions», et de «dissocier leur communauté des actes criminels et violents», explique le journal, qui cite un autre témoignage:

«Ces dernières semaines, nous avons entendu des mots durs, qui ont effrayé la population. On nous a traités de criminels et d'infiltreurs. Que pouvez-vous attendre d'une communauté érythréenne oppressée, sans emploi ni statut officiel, dont les vies sont difficiles?»

Ce fait divers aura finalement posé la question du statut des demandeurs d'asile en Israël, que l'un des auteurs appelle à «prendre leurs responsabilités.»

Lu sur Haaretz

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