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Somalie - Le djihadiste américain qui raconte sa vie sur Internet

Dans «l'histoire d’un djihadiste américain», Abu Mansoor al-Amriki se raconte de son enfance passée en Alabama, dans le sud-est des Etats-Unis, jusqu'à son engagement aux côtés des shebab somaliens en 2006 .

Cette autobiographie de 127 pages, rédigée dans un style très enfantin, a été publiée il y a quelques jours sur Internet sur plusieurs sites islamistes, rapporte RFI. Elle est disponible sur Scribbd.

Abu Mansoor al-Amriki, de son vrai nom Omar Hammami, est un citoyen américain soupçonné de conseiller les rebelles islamistes en Somalie. Dans ses écrits, il s’épanche sur son parcours. Il décrit son enfance à Daphne, une petite ville américaine.

Il ironise sur son engagement auprès des shebabs en Somalie en parlant de ses origines syrienne, du côté son père, et irlandaise, du côté de sa mère.

«Je pense que d'avoir l'IRA (l'armée républicaine irlandaise) d'un côté de mon arbre familial et Al-Qaïda de l'autre a pu me donner mauvais caractère », explique-t-il.

Sur un ton plus léger, il confesse que sa famille lui manque ainsi que les plaisirs simples de la vie aux Etats-Unis comme la cuisine chinoise, les glaces et les «chiken wings». 

Il parle aussi de son engagement religieux et de sa radicalisation.

Sur le 11 septembre 2001, un évènement qui l’a marqué, il écrit :

«J’étais partagé entre la «haine du terrorisme» et ma vraie haine pour l’Amérique, ses mécréants et leur oppression des musulmans».

En 2010, le New York Times avait déjà dressé un portrait de ce djihadiste américain. Avec cette autobiographie, il semblerait qu'il veuille donner sa version de l'histoire. 

Sur son pays d’origine, où il est recherché pour terrorisme, Abu Mansoor Al-Amkiri ne se prive pas de commentaires:

«Les Américains craignent que leurs barrières culturelles soient détruites, que maintenant le djihad deviennent un choix de carrière normal pour n'importe quel jeune musulman américain».

Et comme l’explique la BBC, le phénomène Al-Amkiri n’est pas isolé.

Depuis plusieurs années, de plus en plus de jeunes américains musulmans se sont engagés auprès de combattants islamistes à l’étranger. Le site d’information britannique cite notamment des douzaines de jeunes hommes originaires de l’Etat américain du Minnesota (où vit une importante communauté somalienne) qui auraient quitté les Etats-Unis pour la Somalie.

D’après le Royal United Service Institute, un think tank britannique, il y aurait 200 combattants étrangers engagés auprès des shebabs en Somalie.

Abu Mansoor al-Amriki  n’en est pas à son premier coup d’essai en matière de communication sur Internet. L’an dernier, il avait posté des chansons de rap destinées à rallier des djihadistes étrangers.

A la mi-mars 2012, il disait craindre pour sa vie. Si ce texte est bien signé de sa main, cela prouverait qu’il est encore vivant. 

Lu sur RFIBBC

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