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Warda, la rose algérienne qui ne se fanera jamais

Warda est partie à l’âge de 72 ans. Warda al-Jazaïria, «la rose algérienne» est décédée jeudi 17 mai d’une crise cardiaque à son domicile au Caire. Warda fait partie des plus belles voix d’Algérie et du monde arabe. Anecdote.

Nous sommes en Egypte, sur la route de Siwa, un désert proche de la frontière libyenne. Le chauffeur de bus passe en boucle le même album, celui de Warda. Egyptiens, Libyens et Marocains sont conquis par cette voix unique, si reconnaissable dés la première parole.

Avec un répertoire de plus de 300 chansons, Warda Al-Jazaïria était l'une des rares interprètes arabes à pouvoir dépasser les frontières linguistiques et musicales du monde arabe. Libanais, Syriens, Algériens se retrouvaient en Warda. Chose rare dans un monde arabe partagé entre le Maghreb et le Machrek.

Avec le décès de Warda, c’est «l'une des plus belles voix d'Algérie et du monde arabe (qui) vient de se taire à jamais», a déclaré la ministre algérienne de la Culture Khalifa Toumi.

Elle «nous a quittés en laissant derrière elle un silence assourdissant et une profonde tristesse», a ajouté la ministre dans un message de condoléances diffusé par l'agence de presse algérienne APS.

La dépouille de la diva arabe sera rapatriée en Algérie après une prière spéciale lors d'une brève cérémonie au Caire, selon des responsables égyptiens. Selon le quotidien arabophone algérien El-Khabar, le président Abdelaziz Bouteflika a ordonné l'envoi d'un avion spécial en Egypte pour rapatrier la dépouille de la chanteuse. L'agence algérienne a précisé que son enterrement a lieu  ce samedi 19 mai après-midi au cimetière d'El Alia, à l'est d'Alger. 

Avant son décès, Warda avait tourné un vidéo-clip à la gloire de l'Algérie intitulé "mazal wakfin" (nous sommes encore debout), à l'occasion du 50e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, le 5 juillet 1962. Depuis le 26 avril dernier, ce clip est diffusée en boucle sur toutes les chaînes de télévision publiques algériennes.

Née en France de père algérien et de mère libanaise, la chanteuse, de son vrai nom Warda Ftouki, a toujours été très liée à l’histoire de l’Algérie. Pour preuve, la chanteuse a offert au peuple algérien un inoubliable chant patriotique, "Min baide" (de loin), véritable hymne à la gloire de l'Algérie libre.  

 

Warda avait commencé à chanter à l'âge de 15 ans, durant les années 1950, dans un établissement artistique appartenant à son père dans le Quartier latin à Paris. Elle entame ensuite une riche carrière artistique en Orient, en Egypte surtout, où elle rencontre de grands noms de la chanson arabe, comme Mohamed El Moudji, Ryad Essambati, Mohamed Abdelwahab et Baligh Hamdi, un temps son époux, qui lui composeront autant de chefs-d’oeuvre de la chanson sentimentale. On peut voir ci-dessous la vidéo des funérailles organisées au Caire.

Lu sur El Khabar