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Le sexe du président sud-africain Jacob Zuma est-il un objet d'art?

L'artiste sud-africain Brett Murray mêle inspiration de l'art soviétique et réinterprétation moderne.

Mais son portrait «inspiré» de Jacob Zuma ne semble pas plaire à l'ANC, le parti du président de l'Afrique du Sud, rapporte le Mail&Guardian

Un «portrait dégoutant et inapproprié», une «image déplaisante et vulgaire».

C’est ainsi que l’ANC considère l’œuvre de Brett Murray présenté à la galerie Goodman de Johannesburg. 

Alors, que montre ce tableau d'une valeur d'environ 11.000 euros intutilé The Spear (La lance)?

Le style du tableau, très graphique, rappelle les affiches de propagande de l'Union Sovietique où l'on pouvait voir Lénine debout avec à côté marteau et faucille.

Sur ce canevas en acrylique noir et rouge, on peut voir Jacob Zuma se tenant debout dans une position quasi-héroïque mais avec le pantalon baissé et surtout avec ses parties génitales exposées.

Capture d'écran du site internet du Mail & Guardian

Un tableau qui n’a pas été du goût de l’ANC qui a demandé le retrait immédiat de l’œuvre.

Le parti est même allé plus loin en demandant que toutes reproductions du portrait —sur le site Internet de la galerie, de l’artiste, sur celui du Mail&Guardian ou même sur les produits dérivés de l’exposition —soit retirées et détruites.

Dans un communiqué de presse publié sur son site, l’ANC affirme:

«A notre avis, et nous restons fermes sur cette position, l’image et la diginité de notre président qui est aussi bien le président de l’ANC que le président de la République sud-africaine, ont été mise à mal par cette pièce qui veut se faire appeler "art" par Brett Murray et la galerie Goodman».

Le journal britannique, le Guardian, rapporte les propos des commissaires de l'exposition pour expliquer la démarche artistique de Brett Murray: 

«Ce travail fait partie d’une critique au vitriol de la mauvaise gouvernance et montre la tentative de Murray d’exposer avec humour le manque de morale et la cupidité de la classe dirigeante».

Une réference directe aux égarements du pouvoir en Afrique du Sud mais aussi aux inculpations du président Zuma pour viol il y a quelques années. Après la «condamnation» vigoureuse de son oeuvre par l'ANC, Brett Murray n'a pas voulu faire de commentaire. 

Lu sur Mail & Guardian

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