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Tunisie - Les salafistes menacent le parti au pouvoir Ennahda

Abou Lyadh, le leader des salafistes djihadistes de Tunisie, se veut de plus en plus menaçant, souligne Business News.

Ce qui a déclenché sa colère? L’interdiction faite à deux salafistes djihadistes marocains d’entrer sur le territoire de la Tunisie lundi 14 mai peut-on lire sur le site d'information tunisien.

Ces deux prédicateurs marocains, le Cheikh Hassan Kettani et le Cheik Omar Haddouchi, tous deux impliqués dans les attentats de 2003 de Casablanca avaient été retenus par la police des frontières à l’aéroport de Tunis Carthage.

Plusieurs membres salafistes s’étaient réunis le soir même à l’aéroport pour protester contre cette décision. Les deux cheikhs marocains interdits de séjour en Tunisie avaient dû repartir le lendemain.

C’est après la prière à la mosquée El Fath de Tunis, qu’Abou Lyadh s’est exprimé sur les évènements à l’aéroport de Tunis.

Sa première cible a été le gouvernement tunisien et le parti islamiste Ennahda accusé d’être responsable de l’interdiction:

«Ennahda doit comprendre une fois pour toute que les salafistes, et eux seuls, peuvent gouverner la Tunisie et que le parti de Rached Ghannouchi s’est enfin démasqué en ne s’étant pas opposé au rapatriement de deux Marocains. C’est un camouflet pour les salafistes en général et une humiliation pour leurs deux hôtes en particulier», a tempêté Abou Lyadh cité par Kapitalis.

Lors de son allocution, Abou Lyadh s’en est aussi pris aux médias tunisiens accusés d’être des menteurs.

Pour le site d’information en ligne Webdo, ces propos sont «une véritable menace pour la sécurité de l’État et l’ordre public d’une façon générale».

Les salafistes djihadistes de Tunisie ont prévu dimanche 20 mai, un meeting dans la ville de Kairouan située au sud de Tunis. 

Abou Lyadh a proféré des menaces directes contre Ennahda en promettant une «réaction immédiate» des militants salafistes si des incidents venaient à éclater en marge du meeting.

Dans une interview accordée fin mars au journal Le Monde, Ali Larayhed, ministre de l’Intérieur et membre du parti Ennahda confiait déjà son inquiétude vis-à-vis des mouvements extrémistes en Tunisie notamment les salafistes djihadistes qu’il qualifiait de «plus grand danger pour la Tunisie».

D'après le journal en ligne Kapitalis, citant le journal arabophone Al-Jarida, les deux salafistes marocains pourraient bientôt être de retour en Tunisie. Le gouvernement travaillerait à lever leur interdiction d'entrée sur le territoire. 

Lu sur Business News, Webdo

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