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Chantal Biya, la Première dame du Cameroun, mars 2009. © Finbarr O’Reilly/ Reuters.
Chantal Biya, la Première dame du Cameroun, mars 2009. © Finbarr O’Reilly/ Reuters.

Ils tiennent le Cameroun d'une main de fer

Ils occupent diverses sphères d’activité. Leur liberté de ton et l’originalité de leur démarche en font des personnages incontournables au pays de Paul Biya.

Chantal Biya, l’as de pique du président

On ne sait toujours pas s’il s’agit d’une véritable information ou d’une pure propagande. En avril 2012, le journal La Météo, un hebdomadaire proche du régime de Biya, annonce dans ses colonnes que la Première dame, Chantal Biya, se prépare à sortir un album. Un CD de six titres dans lequel elle chanterait pour la paix dans le monde, l’unité et l’amour. Vrai ou faux, le coup est réussi. Car il ne se passe pas une seule semaine sans que l’épouse du président camerounais Paul Biya ne fasse parler d’elle.

Celle que tous les Camerounais appellent «Chantou» (de son prénom Chantal) ou encore «La Vigoureuse» (de son nom de jeune fille Vigouroux) est sans conteste le personnage le plus populaire dans le pays, bien loin devant son président de mari, pourtant aux commandes depuis 30 ans. C’est que, depuis son arrivée au cœur du pouvoir en 1994, à seulement 24 ans, Chantal Biya a fini par s’occuper de tout, à être la marraine de toutes sortes de choses et la présidente d’honneur de toutes sortes d’associations les unes aussi improbables que les autres.

Elle est au centre du jeu sociopolitique. En témoignent ses multiples projets: Synergies africaines des premières dames africaines pour la lutte contre le sida, Le Centre de référence Chantal Biya contre le VIH, divers hôpitaux et écoles, la Fondation Chantal Biya, la course cycliste Chantal Biya… La liste est encore longue.

De son village natal de Dimako, perdu dans la grande forêt de l’est du Cameroun, Chantal Biya a fait une grande ville. Et, surtout, le vivier de l’élite administrative du pays. La plupart des postes dans la haute administration sont occupés par des ressortissants de sa région natale.  Une tendance au népotisme et au clanisme atténuée par son côté chaleureux et sa spontanéité, de l’avis de ceux qui ont eu l’occasion de l’approcher. Mais il y a autre chose qui ne saurait laisser indifférent chez «Chantou». Ce sont ses tenues extravagantes et sa coiffure exubérante.

Pascal Magnaguemabé, le juge qui fait trembler Yaoundé

Jusqu’au début des années 2000, le juge d’instruction Pascal Magnaguemabé était un illustre inconnu dans la magistrature camerounaise. Sorti de l’anonymat par un miracle dont seul le Cameroun a le secret, il est devenu, en très peu de temps, la bête noire des puissants et des hauts dignitaires du régime du président Paul Biya.

Son tout dernier fait d’armes: la mise en détention de Ephraïm Inoni, ancien Premier ministre, et de Marafa Hamidou Yaya, ancien secrétaire général de la Présidence. Tous deux accusés de détournement de deniers publics dans le cadre de l’affaire Albatros, une dossier portant sur l’achat d’un nouvel avion présidentiel.

Le nom de Pascal Magnaguemabé est sur toutes les lèvres à Yaoundé, la capitale camerounaise, et, pas un jour ne passe sans qu’il ne fasse les titres de la presse. Il suscite la polémique tout comme il déchaîne passions et critiques.

Certains le disent aux ordres du pouvoir et d’autres ne voient en lui qu’un ambitieux qui a su trouver le bon filon pour devenir un personnage incontournable dans le pays. C’est lui qui a en charge la plupart des dossiers de l’opération de lutte contre la corruption, lancée en 2006 et dénommée opération Epervier. Au tout début du mois de mai 2012, deux ex-ministres, actuellement en détention à la prison centrale de Yaoundé, ont demandé à la cour suprême que ce juge soit dessaisi. Une manière, pour eux, de dénoncer publiquement ce qu’ils considèrent comme «l’activisme et le carriérisme» de Pascal Magnaguemabé.

André Fotso, le très libéral patron des patrons

Il porte le patronyme d’une des plus grandes familles du Cameroun. Pourtant, André Fotso n’est pas un des héritiers de Victor Fotso, richissime homme d’affaires bien connu en Afrique centrale. Aucun lien de parenté. Mais c’est probablement cette homonymie qui a permis à André Fotso de prendre les rênes du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), en décembre 2011.

Lorsqu’il se fait élire par ses pairs à la tête de la principale organisation patronale du pays, cet homme d’affaires de 51 ans est assez peu connu du grand public. Tout au plus sait-on qu’il se lance dans l’industrie de production du gaz, en 1991, après des études de gestion, à Lyon, en France.

André Fotso semble vouloir s’appuyer sur cette sorte de «virginité» pour proposer une démarche moderniste et pour tenir un discours ultra-libéral: faire du Cameroun un pays d’entrepreneurs et lutter contre le chômage massif qui frappe plus de 70% de la population. Autre leitmotiv du nouveau patron des patrons, favoriser l’implication des Camerounais de la diaspora dans l’économie nationale.

Un programme généreux et ambitieux, mais qui, pour une partie de la presse nationale, cache mal la mainmise d’André Siaka, ex-patron du Gicam resté très influent dans le milieu. Or, au Cameroun,  tout le monde sait que ce dernier n’a jamais caché sa volonté de peser sur le jeu politique et de continuer à influencer le monde des affaires.

Kah Walla, celle qui rêve de succéder à Biya

En maniant les paradoxes et les contradictions, Edith Kah Walla a réussi à s’imposer comme l’un des personnages politiques les plus populaires au Cameroun. Elle a surtout su capter les ingrédients nécessaires pour devenir l’un des adversaires les plus redoutables au régime du président Paul Biya: un peu de populisme, un côté bagarreur et un brin d’élitisme.

Née au Nigeria voisin il y a 46 ans et formée ensuite dans les meilleures universités américaines, Kah Walla était toute destinée à faire partie de l’élite bourgeoise anglophone du Cameroun. Mais c’était sans compter avec son côté fonceuse, qu’elle a sans doute forgé dans le monde des entreprises où elle a fait carrière avant d’entrer en politique en 2007.

Kah Walla parle aussi bien l’anglais que le français, les deux langues officielles du Cameroun. Mais l’opposante préfère utiliser le langage populaire de la rue, pour dénoncer le système biyaïste ainsi que les dérives qui, selon elle, freinent le développement du pays. Elle n’a pas de mots assez durs contre le régime de Biya. Elle n’est pas plus tendre avec ses camarades de l’opposition, notamment avec le Social Democratic Front (SDF), dont elle a démissionné pour créer son propre parti, le Cameroon’s People Party (CPP).

«Kah Walla cultive le courage, l’indignation et la passion de la révolution, dit d’elle Jean-Robert Waffo, un de ses anciens camarades du SDF. Mais elle gagnerait à mettre parfois ses idées philosophiques sous le boisseau, pour faire de la politique avec plus de pragmatisme.»

Très applaudie dans les couches populaires, elle n’a pourtant recueilli que 0,71% des suffrages lors de l’élection présidentielle d’octobre 2011, arrivant sixième du scrutin, autant dire loin derrière celui dont elle est persuadée de pouvoir prendre la place: le président Paul Biya. Autre paradoxe de Kah Walla, autant elle se présente comme une grande défenseure des libertés, autant elle se dit favorable au retour d’un ordre moral dans le pays. Elle se bat d’ailleurs pour la mise sur pied d’une Brigade des mœurs.

Alice Nkom, la protectrice des homosexuels

Au Cameroun, Alice Nkom est un peu l’avocate des causes désespérées, ou tout au moins, l’avocate des causes les plus ardues. Au début des années 80, cette juriste s’est faite connaître en mettant au grand jour la situation des femmes battues. C’était encore une période où les victimes subissaient la «double peine» de la violence et de l’impossibilité de se défendre et d’obtenir réparation.

Aujourd’hui, Alice Nkom a un nouveau cheval de bataille: la défense des minorités sexuelles. Pour le dire plus simplement, elle défend les homosexuels, traqués au quotidien et emprisonnés à tour de bras. En 2006, elle crée l’Association de défense de l’homosexualité (Adefho). Tout un programme, dans un pays où l’homosexualité est un délit et passible de cinq ans d’emprisonnement. Cette même année 2006, l’avocate est l’héroïne d’un procès retentissant au cours duquel elle défend une dizaine de jeunes hommes accusés d’homosexualité. Elle n’obtient pas totalement gain de cause, mais le débat est ouvert et les hypocrisies de la société mises à nu.

Dès lors les procès s’enchaînent, puisque les arrestations d’homosexuels se multiplient. Les associations de défense des droits de l’homme estiment qu’une centaine d’homosexuels sont arrêtés chaque année au Cameroun.

Une situation qui est loin d’être rose. Mais Alice Nkom est persuadée que le Cameroun finira par légaliser l’homosexualité:

«Le pays a adopté la déclaration universelle des droits de l’homme comme préambule de sa constitution. Il sera bien obligé de se soumettre un jour. On ne peut pas nager à contre-courant.»

Sam Mbendè, le chanteur qui ne lâche rien

Il est l’un des symboles les plus éloquents de la revanche des plus faibles contre les puissants. Pendant près de quatre ans, de 2008 à septembre 2011, le musicien Sam Mbendè a mené une bataille judiciaire victorieuse contre l’Etat du Cameroun, au sujet du contrôle des droits des auteurs-compositeurs de musique.

L’affaire remonte en 2000. Sam Mbendè est élu à présidence de la Cameroon Music Corporation (CMC), une société civile de collecte et de répartition des droits d’auteur des musiciens (au Cameroun, il y a autant de sociétés de droits d’auteur que de genres artistiques). Seulement des rivalités ne tardent pas à surgir pour le contrôle du magot et, une branche dissidente voit le jour, en toute illégalité (la loi interdit plus d’une instance par corporation).

Pourtant, la branche dissidente va bénéficier du soutien de la ministre de la Culture, provoquant alors un imbroglio judiciaire que va finir par trancher la Cour suprême en faveur de Sam Mbendè et de la CMC. Dès lors, le chanteur qui vit entre Bruxelles et Yaoundé, la capitale camerounaise, devient la voix des sans-voix. Ses coups de gueule sont aussi retentissants et appréciés que les chansons langoureuses auxquelles il avait habitué le public, depuis le début de sa carrière il y a trente ans.

Et comme au Cameroun tout se politise très vite, certains ont aussitôt attribué des ambitions politiques à Sam Mbendè. Ce qu’il ne nie qu’à moitié. Au lendemain du verdict de la Cour suprême lui donnant raison face à la toute-puissante ministre camerounaise de la culture, Ama Tutu Muna, il déclare dans les colonnes du quotidien Le Messager:  

«Ma position d’artiste fait que les gens se confient à moi, et la liberté qui est la mienne facilite mon propos, parce que je n’appartiens à aucun appareil politique.»

Haman Mana, journaliste de proximité

Haman Mana rêvait de devenir historien. Mais il est devenu un journaliste talentueux et l’un des patrons de presse les plus brillants de sa génération. Et ce n’est pas rien. Il est le directeur de publication du quotidien Le Jour. Un journal spécialisé sur l’enquête et le reportage sur les mutations de la société camerounaises. «Un journal de proximité», comme il aime à dire. Le quotidien Le Jour, lancé en 2007 et diffusé à plus de 7.000 exemplaires, est en tête de vente de tous les canards dans le pays. Le petit peuple en a fait son étendard et l’élite s’arrache chaque numéro.

Le journal d’Haman Mana est loin d’être tendre avec le pouvoir en place. Mais le quotidien a rarement été inquiété. Haman Mana lui, en revanche, si. Surtout du temps où il dirigeait le journal Mutations, qu’il avait lancé en 1996 et dont il avait réussi à faire le premier quotidien de la presse privée au Cameroun. A la suite d’un désaccord avec des actionnaires de ce journal, il quitte le navire en 2007 pour lancer Le Jour, qu’il voudra «vif dans le ton et iconoclaste dans la vision».

À 45 ans, et en vingt années de journalisme, Haman Mana en est à son cinquième projet éditorial. Une exception au Cameroun. En 2009, il a même monté une maison d’édition, les éditions du Schabel, dans le but de promouvoir de beaux-livres sur l’Histoire du Cameroun.

Mathias Owona Nguini, monsieur «je-sais-tout»

Au Cameroun, les «fils de» n’ont pas toujours bonne presse. Mathias Owona Nguini déroge à la règle. Fils aîné de Joseph Owona, un ancien ponte du régime de Paul Biya, ce politologue, enseignant à l’université de Yaoundé II, est l’un des intellectuels les plus en en vue dans le pays. Sa jeunesse (il a seulement 42 ans) et son parcours universitaire (il a été formé en France) imposent le respect.

Mais ce qui séduit davantage chez cet intellectuel, c’est sa liberté de ton. Alors qu’on aurait pu s’attendre à ce qu’il rejoigne le clan des contempteurs du régime, du fait de son histoire familiale, il n’a jamais cessé de tirer à boulets rouges sur les dysfonctionnements de l’Etat et du système RDPC (le parti au pouvoir). Au point que l’opposition camerounaise, en panne de talents et de grands orateurs a voulu en faire un des siens. Mais c’est la presse nationale qui a su en faire un excellent client.

Mathias Owona Nguini est présent dans tous les médias, où il parle de tout et parfois un peu trop. Il n’est pas un seul sujet où il n’apporte sa science: le sport, les relations internationales, la musique, l’économie, la politique, les questions de mœurs… On le sollicite pour tout et souvent pour rien. Le jeune loup est devenu la caricature de ce qu’il a toujours dénoncé depuis le début de sa vie publique: la pensée unique.

Lorsque, en début d’année 2011, le président Paul Biya lui propose de siéger au bureau d’Elections Cameroon (Elecam), l’instance chargée d’organiser l’élection présidentielle d’octobre 2011, il décline l’offre, dénonçant au passage «une tentative de récupération».

Samuel Eto’o, le petit dieu sur terre

Malgré les critiques de plus en plus nombreuses des Camerounais, qui lui reprochent son arrogance, le footballeur Samuel Eto’o continue de régner en maître. D’abord parce que, depuis Roger Milla, footballeur africain du XXe siècle, le Cameroun n’a pas connu d’autre dieu du football que lui. Ensuite parce que Eto’o a de l’argent. Beaucoup d’argent et qu’il n’hésite pas à le faire savoir.

Quand il se retrouve dans les rues de Yaoundé ou de Douala, la capitale économique, dans cette ville même où sa carrière a démarré, ses billets de banque le précèdent. Il est devenu le «faroteur» (distributeur d’argent, Ndlr) numéro un. Pour certains, c’est de la générosité, et pour d’autres, il ne s’agit que d’une simple fanfaronnade.

Samuel Eto’o est ainsi. Il ne laisse personne indifférent. Même tous ceux qui le critiquent n’hésitent pas à se précipiter vers lui, afin d’obtenir quelque faveur. De nombreux musiciens ont composé des chansons à sa gloire. Il leur a offert en retour voitures et villas.

Le célèbre attaquant sait qu’il est l’idole des jeunes. Il en use et en abuse, font remarquer certains chroniqueurs sportifs locaux. Samuel Eto’o croit devoir se mêler de tout, y compris de la composition des équipes. Il n’hésite pas à recourir à l’insulte lorsqu’il est critiqué. En 2010, il s’offre une saillie restée mémorable contre le vieux lion indomptable Roger Milla, avec lequel la rivalité n’a jamais cessé.

À la grande stupéfaction des Camerounais, il a traité Roger Milla, de «petit aigri», en ajoutant:  

«Les gens doivent me respecter et fermer leur gueule. Il a fait quoi? Il n’a pas gagné la Coupe du monde ni la Ligue des Champions.»

Il est ainsi Samuel Eto’o, vantard et grande gueule. Mais ses compatriotes ne semblent pas trop lui en tenir rigueur.

Cardinal Christian Tumi, le prélat qui dérange

Il y a un an, en juin 2011, le cardinal Christian Tumi, archevêque émérite de Douala, la capitale économique du Cameroun sortait un ouvrage dont on parle encore sous les chaumières: Ma foi, un Cameroun à remettre neuf (éd. Véritas). Le livre de 271 pages est un immense pamphlet contre le régime de Biya.

À dire vrai, rien de bien surprenant à cela. Le prélat, aujourd’hui âgé de 81 ans, a commencé à faire parler de lui lors de l’élection présidentielle de 1992. Un scrutin dont il n’a eu de cesse de dire que l’opposition était sortie victorieuse. Les déclarations tonitruantes de celui qui allait être élevé peu après au rang de cardinal, l’ont fait passer au yeux de certains comme le porte-parole du principal parti d’opposition, le Social Democratic Front (SDF) de John Fru Ndi, anglophone du nord-ouest du Cameroun, comme lui.

Mais le cardinal n’en a cure. Il demande à cor et cri l’alternance politique. Il a même adressé une lettre ouverte au chef de l’Etat, dans laquelle il lui dit noir sur blanc: «À un certain âge, il faut laisser le pouvoir.» (Paul Biya a 79 ans, dont 30 ans de règne, Ndlr) Son franc-parler l’a amené à déclaré devant la presse, à l’issue de la présidentielle d’octobre 2011:

«Le Cameroun n’est pas un royaume et Paul Biya n’est pas empereur.»

Respecté par les fidèles, admiré par le grand public, il est surtout très craint par le pouvoir. «Quand ça ne va pas, je critique», aime-t-il à dire. Ainsi a t-il pris fait et cause pour Laurent Gbagbo et dénoncé l’intervention française en Côte d’Ivoire, pendant la crise postélectorale dans ce pays. Une crise ivoirienne qui, à l’instar de beaucoup de Camerounais, a passionné le prélat.

Raoul Mbog

 

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Raoul Mbog

Raoul Mbog est journaliste à Slate Afrique. Il s'intéresse principalement aux thématiques liées aux mutations sociales et culturelles et aux questions d'identité et de genre en Afrique.

 

 

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