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Ethiopie - Des musulmans réclament leur indépendance

Les Ethiopiens musulmans sont sur le pied de guerre contre le gouvernement qu’ils accusent de s’ingérer dans les affaires religieuses de leur communauté, rapporte Global Voices online.

Depuis plusieurs mois, des milliers de musulmans d'Ethiopie organisent des manifestations de protestation. 

Ils ne supportent pas que le gouvernement éthiopien impose une secte plutôt qu’une autre, en se cachant derrière l’argument sécuritaire.

A plusieurs reprises, le Premier ministre Meles Zenawi a évoqué la menace d’un islam radical en Ethiopie, relaie Reuters.

C’est pourquoi il promeut les projets de bienfaisance islamique l’association Al-Ahbache, qui est devenue la cible des critiques des manifestants. L'association a été fondée dans les années 1980 par le cheikh Abdullah al Harrari, un clerc éthiopien qui a été contraint de quitter son pays pour le Liban en 1950. 

Depuis des mois, ces luttes internes à la communauté musulmane secouent le pays, notamment la capitale Addis Abeba.

Pour de nombreux manifestants, la politique menée par le gouvernement pourrait se retourner contre lui. En autorisant certaines sectes et pas d’autres, le gouvernement instille la division.

Dans la vidéo ci-dessous, on voit l’une de ces manifestations le 27 avril à Addis Abeba. Des centaines d’Ethiopiens crient «Allahu akbar» devant une mosquée. Le pays compte environ 60% de chrétiens et 30% de musulmans.

Par ailleurs la plupart des manifestants se sentent plus proches des valeurs soufis, plus spirituelles, et que d’une lecture conservatrice et salafiste de l’Islam, rapporte le site Iol News.

«Appelez-moi terroriste, mais je continuerai à défendre ma religion», crie un muezzin aux fidèles réunis autour de la mosquée.

Lu sur Reuters, Global Voice, Iol News

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