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Zimbabwe - Faut-il distribuer des sex-toys dans les prisons?

La parlementaire zimbabwéenne Sithembile Mlotshwa pense avoir trouvé la solution au problème des viols dans les prisons, rapporte le site d’information Radio Netherlands Worldwild (RNW).

«Dans d’autres pays, on fournit des sex-toys aux prisonniers, et on met aussi à leur disposition des salles où ils peuvent assouvir leurs désirs seuls», a-t-elle lancé lors d’un débat parlementaire le 13 mai.

Seulement, sa proposition est loin de faire l’unanimité.

Au Zimbabwe, l’homosexualité est une pratique interdite et taboue, à laquelle le président Robert Mugabe voue une vraie haine.

Et la proposition a provoqué un vif débat, comme le rapporte encore RNW:

«C’est une blague de mauvais goût, lui a répondu le ministre de la Justice Obert Gutu.

Nos prisonniers meurent de faim et de maladies, dans des cellules surpeuplées. Ils sont exposés aux épidémies. Mieux vaut-il qu’ils mangent.»

«Nous sommes contre l’homosexualité, a pour sa part rétorqué Rugare Gumbo, un porte-parole du Zanu-PF [ndlr: le parti de Mugabe].

C’est une pratique en prison, parce que les prisonniers n’ont pas de partenaires féminines, mais je ne vais pas commenter la façon dont on peut soulager leur stress sexuel. Il y a des problèmes [ndlr: le viol] qui doivent être traités par la justice.»

RNW cite enfin un médecin «qui a préféré garder l’anonymat», qui affirme que l’on devrait autoriser les prisonniers à avoir des relations sexuelles en prison, pour des raisons de santé, arguant que «le sperme doit pouvoir être libéré au mois une fois toutes les deux semaines.» L’abstinence peut entrainer le cancer du colon, prévient-il.

Au final, le débat sur la manière d’éviter les viols en prison n’a toujours pas trouvé de réponse.

Lu sur RNW

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