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Mali - Des combattants pakistanais pour instruire les jeunes recrues d'Aqmi

A Tombouctou, Kidal ou encore Gao, la présence d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) s’intensifie.

Dans cette région du Nord Mali, proche de la frontière algérienne, ce sont des combattants pakistanais, mauritaniens ou encore algériens qui auraient été aperçus dans le Nord Mali, rapporte RFI.

Que font-ils dans cette région? D’après RFI, ils y trouvent un terrain propice pour le recrutement et l'entrainement de nouveaux combattants.

Le maire de Tombouctou, Hallé Ousman, a confirmé l’information au journal anglophone en ligne Magharebia.

«Il y a de nombreux Pakistanais aujourd’hui à Tombouctou, ainsi que d’autres personnes d’origines diverses», a-t-il expliqué. 

«Leur mission est devenue claire pour les habitants il y a déjà plusieurs semaines: ils entraînent les nouvelles recrues que Al Qaïda et les autres groupes armés ont enrôlées ».

Les groupes armés profitent de l’extrême pauvreté dans laquelle ont été laissés les jeunes de la région pour les rallier à leur cause moyennant quelques milliers de franc CFA.

Pour le journal Algérien, Le Temps, la présence de ces combattants témoigne de l’ «Afghanisation» du nord Mali qui deviendrait un nouveau centre névralgique pour les combattants du djihad.  

Outre cette recrudescence de combattants dans la région, un rapport publié mercredi 16 mai par Amnesty International, tire la sonnette d’alarme et dénonce notamment l’attitude des groupes islamistes envers les populations.

Intitulé «Mali: Retour sur cinq mois de crise», le document de 35 pages confirme la présence de ces combattants armés dans toute la région.

«Cinq mois après le début de la crise, le nord du pays se trouve maintenant totalement contrôlé par les groupes armés dont certains cherchent à imposer par la force de nouveaux comportements fondés sur leur interprétation fondamentaliste de l’Islam», peut-on lire.

Les faits rapportés se basent sur une mission de recherche de 3 semaines effectuée à Bamako.

L’ONG s’appuie sur des témoignages de personnes originaires de la région de Tombouctou ou de Kidal qui ont été déplacées depuis le 22 mars dernier. 

Dans cette zone, les femmes sont maintenant obligées de sortir voilées. A Gao, des débits de boissons alcoolisés ont été fermés et désormais seule la musique religieuse est autorisée.

Pire encore, afin de faire respecter la charia, les groupes armés utilisent la violence ou l’intimidation.

«À Gao, peu après la prise de la ville, début avril 2012, un homme qui a été dénoncé pour avoir consommé de l’alcool a reçu une quarantaine de coups de bâton», explique le rapport.

Et ce n’est qu’un des nombreux exemples de l’attitude des groupes islamistes qui tentent d'imposer par la force leurs règles religieuses.

Lu sur RFI

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