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Algérie - Quand ramadhan rime avec lavage d'estomac

Cachir (saucisson maghrébin), œuf, lait, pâté exposés en plein soleil sans système de réfrigération, vendus au bord des routes, dans la rue ou en magasins sont monnaie courante en Algérie, et particulièrement à Alger, la capitale.

Par des températures qui dépassent souvent les 30 degrés, un repas pris au restaurant peut facilement finir par un lavage d’estomac à l'hôpital, raconte le quotidien algérien El Watan dans son édition du 6 juillet 2011. Et cette année, le déroulement du ramadhan durant le mois d’août inquiète les services sanitaires. Le nombre d’intoxications alimentaires atteint annuellement les 3.000 à 5.000 cas:

«Les gâteaux servis sont souvent infects. Ils sont exposés plus d’un jour, à la portée des mouches et des abeilles. L’huile utilisée pour la cuisson des frites est noire. La vaisselle est mal ou pas du tout lavée. Je me demande comment on survit en consommant tout ce poison», témoigne Madjid, 23 ans, étudiant à Bouzaréah, rencontré à la sortie de la cité universitaire Taleb Abderrahmane de Ben Aknoun.

Ce fléau touche avant tout les «restaurants populaires et les fast-foods algérois». La concurrence y est rude et la recherche du prix bas supplante celle de la qualité. Cependant, si les mains et les ongles sales, l’absence de tablier et de toques relèvent plutôt de la négligence, d’autres infractions touchent plutôt à de l’ignorance, notamment les pratiques de stockage des denrées périssables.

C’est pourquoi après avoir constaté plus de 872 infractions aux règles d’hygiène au mois de juin —portant essentiellement sur la viande et les produits laitiers— la brigade du bureau d’hygiène démarre sur les plages une campagne de sensibilisation des commerçants au mois de juillet.

Mais ce n’est qu’une demie bonne nouvelle pour le ramadhan, car la police de l’hygiène ne contrôle que les commerçants du secteur légal. Exit donc le commerce informel, qui selon un article d’algerie.dz.com serait plus important (1,5 millions de commerçants) que les marchands légaux (1,25 millions).

Lu sur El Watan