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Tunisie - Le niqab et autres tenues excentriques interdits dans les crèches

En Tunisie, la ministre des Affaires de la Femme et de la Famille, Sihem Badi, a tenu à clarifier les choses en ce qui concerne les tenues vestimentaires dans les crèches. 

Dans un communiqué publié le 11 mai, elle se prononce contre le port d'un voile intégral cachant le visage pour les professionnels de l’enfance, rapporte Business News.

Mais ce n’est pas uniquement le voile intégral qui est visé. La ministre épingle ainsi toutes tenues vestimentaires jugées inappropriées dans le cadre d’un travail en lien avec la petite enfance.

«Exit le niqab, mais exit aussi, au même titre, les piercings, ou autres excentricités susceptibles de choquer ou d’effrayer les enfants», résume Oumma.com.

En d'autres termes, toute tenue considérée provoquante est interdite car elle pourrait créer des divisions et des discriminations.

«En cas de persistance, le ministère menace les employés qui ne respectent pas cette mesure de les priver de leurs rôles d’encadrement des enfants et de les transférer aux travaux administratifs», peut-on lire sur Business News.

La décision de la ministre intervient  dans un contexte tendu en Tunisie.

Depuis plusieurs mois des troubles à l’université de la Manouba (banlieue de Tunis) impulsés par des activistes salafistes se cristallisent autour de la question du niqab. Les deux camps, islamistes et laïques, se livrent bataille alors même que le règlement de l’université stipule que le port du voile intégral est interdit pendant les cours et les examens.

Comme le rappelle Oumma.com, le fait que le voile intégral soit placé sur le même plan que «les tenues indécentes ou extravagantes» n'est pas anodin, et risque de faire débat dans le pays. 

Certaines réactions ne se sont pas faites attendre.

Le site d'information Islametinfos.fr qui se réclame d'un «Islam pur» dénonce déjà une mesure «islamophobe» et se demande si la Tunisie n'est pas devenue un état «laïcard». Ils comparent la position de la ministre avec celle du gouvernement français qui avait interdit le port du voile intégral dans les lieux publics. 

La ministre a conclu son communiqué en rappelant qu’elle respectait la liberté de choix vestimentaire qui fait partie des libertés personnelles.

Lu sur Business News Tunisie

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