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Maroc: les inculpés du Hirak vont tous faire appel, selon leurs avocats

Les 53 activistes du mouvement de protestation qui a agité le nord du Maroc en 2016-2017 vont tous faire appel après leur condamnation à des peines allant jusqu'à 20 ans de prison, ont annoncé lundi leurs avocats.

Cette décision intervient après les "efforts" de ces avocats pour convaincre certains détenus qui refusaient initialement d'interjeter appel, selon la même source.

Au terme d'un procès-fleuve de neuf mois, des militants formant le noyau dur du mouvement du "Hirak" ("mouvance", en arabe) ont été condamnés le 26 juin à des peines comprises entre un an et 20 ans de prison.

Nasser Zefzafi, le leader de ce mouvement qui réclamait davantage de développement économique et social dans la région du Rif, et trois de ses compagnons ont notamment écopé de 20 ans pour "atteinte à la sécurité de l'Etat". 

Parmi les accusés, le journaliste Hamid el Mahdaoui a été condamné à trois ans d'emprisonnement pour "non dénonciation d'une tentative de nuire à la sécurité intérieure de l'Etat", après sa couverture des événements.

Les avocats, réunis en "comité de défense", disent craindre pour la santé d'un des activistes, Rabie El Ablak, en grève de la faim depuis 42 jours. Condamné à cinq ans de prison ferme, il avait dans un premier temps refusé de faire appel.

Lors d'une conférence de presse, ils ont de nouveau qualifié lundi les sentences de "choquantes", en accusant le tribunal de "partialité" pour avoir "refusé toutes les demandes de la défense d'entendre des témoins à décharge" et mené un procès sans "aucune confrontation entre les témoins à charge et les accusés".

Selon eux, il n'y a eu "aucune preuve" des accusations de "séparatisme" qui visaient certains des inculpés.

Le comité a appelé à une "mobilisation de la classe politique", pour trouver une "solution rapide qui mettrait fin aux souffrance des détenus et aux tensions que connait la région", a dit Me Abderrahim Jamai.

Les jugements des meneurs du Hirak ont suscité des réactions d'incompréhension et d'indignation dans le royaume. Quelques milliers de personnes -quelques centaines selon les autorités-, ont manifesté dimanche à Casablanca.

Les autorités marocaines assurent que le procès était équitable, tout en soulignant l'avancement des chantiers de développement dans le Rif. 

Les manifestations avaient été déclenchées par la mort d'un vendeur de poissons, broyé dans une benne à ordures en octobre 2016 alors qu'il s'opposait à la saisie de sa marchandise. 

Au fil des mois, la protestation avait pris une tournure plus sociale et politique dans cette région historiquement frondeuse et marginalisée. 

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