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Maroc - Pourquoi le gouvernement ne fait rien contre les maris-violeurs

Deux mois après l'affaire «Amina Filali», la jeune fille marocaine qui s'était donnée la mort peu après avoir été forcée d'épouser son violeur, le drame se répète.

Safae, une jeune fille de 14 ans originaire de Tanger, a été forcée par la justice marocaine à épouser son violeur, rapporte le site communautaire Yabiladi.com.

Pour la jeune Safae, tout commence en janvier 2011 lorsqu’elle est agressée sexuellement à la sortie des cours. Avec sa famille, elle porte plainte contre son agresseur mais le procureur et le juge des familles font pression pour que les charges soient abandonnées. 

«Pire, le juge, dans son bon droit oblige presque la jeune adolescente à se marier avec l’agresseur, prétendant, noblesse de l’âme oblige, que ce mariage est la seule alternative louable pour "laver son honneur" et celui souillé de sa famille», peut-on lire sur Yabiladi.

Depuis Safae, mère d’une petite fille, a sombré dans la dépression. Son violeur de mari n'est jamais réapparu après leur mariage.

Avec l'association «Touche pas à mon enfant» la famille de Safae compte se battre et dénonce l’attitude de la justice marocaine.

D’après la mère de la victime, interrogée par le journal espagnol El Mundo, sa fille aurait déjà tenté par deux fois de se donner la mort. 

Ce nouveau fait divers remet sur le devant de la scène médiatique l'article 475 du code pénal marocain, qui avait été tant décrié par les associations nationales et internationales de défenses des droits de la femme. L’article en question stipule qu'un violeur peut être exonéré de toutes peines s’il se marie avec sa victime.

Cette nouvelle affaire questionne surtout l'action de la justice et du gouvernement marocain depuis le cas d'Amina Filali. Le gouvernement avait promis, à travers sa ministre en charge de la Famille, de la Solidarité et du Développement Bassima Hakkaoui invitée d'une chaîne télévisée, l'organisation d'un débat "pour réformer cette loi". 

Yabiladi a tenté d’interroger, sans succès, la ministre Bassima Hakkaoui.

Pour l'instant aucune initiative n'a été prise pour réformer le code pénal marocain qui date de 1962 et qui avait été élaboré essentiellement dans le but de protéger l'honneur des familles. 

Lu sur Yabiladi.com

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